Le Mardi 1er septembre, sur le parvis de la faculté de Lettres de Nice (Carlone), le syndicat « Solidaires étudiant.e.s » tenait une table d’information à destination des nouveaux étudiants venus faire leur pré-rentrée. Une banderole venait décorer l’arrière du stand, portant un message antifasciste en nissart « M’en Bati Sieu Antifa », à l’image des combats que ce syndicat souhaite porter.
Vers 16 heures, un groupuscule nationaliste composé de 6 jeunes tous de noir vêtu s’introduit sur le parvis, lunettes de soleil, masques et chapeaux, et attaque les syndicalistes, alors 4 sur le stand afin de s’emparer du précieux butin : la banderole antifasciste. La sidération et la rapidité de l’action ne permet pas aux camarades de riposter, et dans l’action deux syndicalistes ont été blessés par les coups des nationalistes, dont un parti aux urgences pour un nez cassé. Nous avons pu observer les nationalistes courir avec la banderole à l’extérieur de la fac, puis sauter dans une voiture afin de s’échapper.
Cette attaque n’a rien d’anodin, dans un climat favorable et complaisant vis-à-vis des militants nationalistes. A Nice, l’extrémisme brun à un visage, des adresses et un sentiment d’impunité grandissant ces derniers mois. Nombres militants s’amusent déjà à rôder auprès des manifestations pour provoquer, aussi bien lors des manifestations pour le climat que lors des grandes dates unitaires et des grandes mobilisations. Cette attaque ciblée est révélatrice de l’état d’esprit de la droite nationaliste niçoise : leur militantisme n’est pas un débat d’idées, ce n’est pas une recherche de massification ni d’argumentation : il s’agit de faire régner un climat de peur sur les campus et dans les organisations niçoises, et de rechercher le click et le buzz pour parader sur les réseaux sociaux, banderole à l’envers.
Dans la soirée, le fameux cliché montrant ces jeunes dégénérés à été partagé sur la page Facebook « ouest casual », (page partageant les trophées des groupuscules nationalistes de toute la France et d’Europe, mêlant football ultra et politique d’extrême droite) accompagné d’un communiqué revendiquant l’attaque, signé par « ZOULOUS NICE ». La menace est à prendre au sérieux, les groupuscules fascistes n’ont plus peur de rentrer directement dans les facultés pour agresser les syndicats. Le lendemain, Solidaires étudiant.e.s a souhaité continuer de tenir le stand, pour montrer que la peur ne prend pas dans les rangs, et que la liberté syndicale reste plus forte que les intimidations fascistes. L’équipe de l’Indignation souhaite un prompt rétablissement au militant blessé, et du courage à la jeunesse niçoise qui devra redoubler d’efforts pour retrouver les bases d’un militantisme sain, unitaire et sécuritaire pour les nouveaux militants, sur une terre très fertile aux idées réactionnaires et identitaires.
G.Ange Paoli

























