Marie-Hélène Bourlard, une ouvrière à Bruxelles ! – Exclusivité pour L’Indignation.

Candidate aux élections européennes du 26 Mai 2019 avec la liste PCF, en deuxième position derrière Ian Brossat, L’Indignation a voulu contacter une possible future députée au Parlement européen, une femme de l’usine : Marie-Hélène Bourlard, une ouvrière à Bruxelles ?

-Bonjour Marie-Hélène, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Marie-Hélène, je suis originaire du Nord. J’ai 61 ans, tout juste retraitée et anciennement ouvrière. Je suis rentrée à l’usine en 1974, dans le secteur du textile, à l’âge de 16 ans. Mon métier : presseuse en confection à ECCE (Entreprise de confection de commercialisation européenne). À peine quelques mois après mes débuts dans le métier, j’ai adhéré à la CGT, puis deux ans plus tard au PCF. J’ai été déléguée syndicale des années 1980 jusqu’à la fermeture de l’usine en 2009, qui a été délocalisée en Pologne. Se retrouver au chômage et perdre ce métier qui nous tenait tellement à cœur a été très dur. Je me suis finalement reconvertie pour devenir ambulancière jusqu’à ma retraite. J’ai toujours vécu avec le SMIC. Et aujourd’hui, après 43 ans de travail, je touche seulement 1100€/mois de retraite. Et encore, quand je vois certaines femmes avec moins de 800€, je me demande comment elles font pour vivre…

-Les raisons de ton engagement à la CGT et au PCF ?

Parce que ces organisations représentent mes valeurs. Quand j’ai commencé à l’usine, les militants CGT étaient près des ouvriers, ils distribuaient des tracts,… Les délégués syndicaux venaient sans cesse nous voir. C’était pour moi une évidence que d’y adhérer.

-Tu as été un personnage central du film Merci Patron de François Ruffin. Comment l’as-tu connu ?

François Ruffin venait souvent à l’usine quand il était journaliste. La première fois que je l’ai rencontré, c’était lors du référendum sur le Traité de Maastricht en 1992. Il venait et interrogeait les filles pour savoir ce qu’elles allaient voter. Elles lui répondaient qu’elles allaient voter « Non » parce que Marie-Hélène disait qu’il fallait voter « Non ». J’étais contente ! Ensuite, il venait régulièrement nous voir. Et un jour, il m’a proposée de faire ce film, Merci Patron. J’ai directement accepté.

-As-tu toujours des contacts avec François Ruffin ? Que penses-tu de son affiliation au groupe France Insoumise à l’Assemblée Nationale ?

J’ai toujours beaucoup de contacts avec François. Il m’a félicitée et encouragée quand il a su que j’étais candidate aux élections européennes. Je regrette un peu qu’il soit affilié à la France insoumise à l’Assemblée Nationale. Mais bon, malgré tout, il fait du super travail. J’en suis admirative.

-Pourquoi se lancer dans les élections européennes ? Quel est l’intérêt d’avoir une parole ouvrière au Parlement européen ?

La voix des ouvriers n’est pas représentée. Il n’y a pas de femmes ouvrières au Parlement européen. Ce n’est pas normal !

Quand j’ai rencontré Ian Brossat, il m’a proposé d’être sur sa liste. Mais je ne savais pas que le PCF allait me mettre en deuxième position. J’ai été très surprise quand je l’ai su. Je ne suis pas une « politicarde », à l’inverse des têtes de listes des autres partis. Eux, pour beaucoup, n’ont jamais travaillé. Mais bon, savent-ils vraiment ce dont les gens ont besoin ? 

L’avantage de notre liste est qu’elle représente toute la population : il y a des ouvriers, des paysans, des enseignants, des infirmiers,… Elle est tout simplement magnifique. Elle est composée de gens qui travaillent. C’est une des plus belles que le Parti présente aux élections depuis des années.

-Tes propositions majeures pour les Européennes ?

Une de nos propositions majeures est la mise en place d’un SMIC européen vers le haut. Pourquoi pas l’aligner sur celui du Luxembourg qui est à 2000€/mois ? Les députés des 27 pays de l’UE se mettent bien d’accord sur leur salaire. Pourquoi pas nous ? Et bien sûr, on ne veut pas un SMIC tiré vers le bas. Pas comme celui que désire Emmanuel Macron.

Il faut également lutter contre le dumping social pour lutter contre la délocalisation. Lutter contre l’évasion fiscale : chaque année, ce sont 1000 milliards d’euros qui nous échappent en Europe, et près de 100 milliards en France. Il faut vite se pencher sur ce problème.

-Une sortie de l’UE est-elle envisageable pour le PCF ?

On ne veut pas sortir de l’UE. Le problème vient des traités européens, qui ne sont pas bons. Il faut rapidement y mettre fin. Si on a beaucoup d’élus à la suite de ces élections, on peut y arriver. Dernièrement, il manquait seulement 23 voix pour éviter que le pacte ferroviaire ne passe… 

-Es-tu confiante pour ces élections ? Les retours du terrain ?

Je suis très confiante. Quand on parle d’une ouvrière au Parlement, ça parle aux gens parce qu’ils trouvent qu’ils ne sont pas représentés.

Aujourd’hui, nous sommes véritablement les seuls à faire campagne. C’est notre force ! Tous les jours, j’ai de très bons retours du terrain. J’enchaîne les portes-à-portes, et je suis presque tout le temps très bien accueillie.

-Que penses-tu du mouvement des Gilets jaunes ? Quels débouchés possibles ?

Je pense que les Gilets jaunes peuvent faire reculer Macron. Avant, j’allais tous les Samedis avec eux. Maintenant, avec la campagne, j’ai bien évidemment moins de temps pour les accompagner dans les manifestations. Mais ça n’empêche pas que je les soutiens tout autant. Si actuellement on a d’aussi bons retours, c’est en partie grâce à eux parce qu’ils ont marqué les esprits des gens.

-Mots de la fin :

  • Un petit mot pour les militants des Alpes-Maritimes et du Var ?

Je veux dire aux camarades des Alpes-Maritimes et du Var qu’il faut y aller ! Je sais que votre région est très difficile, avec une forte présence de l’extrême-droite notamment. Mais, je vous encourage. Il ne faut pas baisser les bras. Il faut aller sur le terrain, faire du porte-à-porte, convaincre des personnes de soutenir nos valeurs et voter pour la liste PCF aux élections européennes. On doit se donner pour objectif d’apporter vingt voix par militant. Et ça commence par en discuter avec les membres de nos familles.

Aujourd’hui, avec le mouvement des gilets jaunes, je me rends compte que les gens ont besoin de parler. Alors qu’avant ils partaient souvent quand on les abordait. C’est encourageant !

  • Pour Geneviève Legay ?

Ce qu’il s’est passé m’a profondément marquée. Les policiers n’ont plus peur de rien. Ajouté à tout cela, le mépris de Macron est insupportable. Pour lui, la Paix ne veut rien dire…

Geneviève revendiquait simplement plus de démocratie. C’est scandaleux de l’avoir bousculée ainsi. Je lui souhaite surtout un bon rétablissement. On est là avec elle ! Je veux lui passer un petit coucou et lui dire que je soutiens totalement son combat, qui est juste.

K. Gio

Non et oui… Qu’attendez-vous pour la révolte ?

Non et oui…

NON je ne condamne pas les Black blocs, les anarchistes, les anticapitalistes, les vrais communistes, socialistes, écologistes, altermondialistes, humanistes poussés à manifester -pour se faire entendre- contre les défenseurs d’un système capitaliste qui donne la vie aux choses, aux profits et l’arrache aux humains…

OUI je condamne le terrorisme des États -qui fomentent les guerres-, je condamne leur terrorisme low-cost -pour semer la terreur- et la violence de leur police dite républicaine qui éborgne, arrache les mains, mutile, gaze, tabasse, agenouille, arrête, humilie… et parfois tue !

NON je ne reconnais aucune légitimité à un pouvoir qui refuse d’entendre la voix les citoyens qui réclament -pacifiquement- justice et dignité ; pouvoir qui méprise, insulte le peuple et va jusqu’à commettre des crimes contre l’humanité.

OUI je braverai sa répression, ses lois liberticides et ces zones soit disant interdites et je manifesterai aux côtés des gilets jaunes, des femmes rebelles et hommes debout jusqu’à sa chute… Les Islandais l’ont fait, les Algériens viennent de le faire, nous aussi nous pouvons le faire !

Je plains tous les silencieux qui regardent passifs Macron et sa clique aller jusqu’à manipuler leurs enfants et faire de la propagande dans les écoles, gazer les enseignants et leur interdire de transmettre un savoir utile à l’épanouissement de leurs élèves et à développer le sens critique chez eux…

Je plains tous les passifs face à ce qui se passe aujourd’hui en France…

Face à cette médecine qu’on dégrade
Face à cet enseignement qu’on brade
Face à ce niveau de vie qu’on baisse
Face à cette dignité qu’on rabaisse
Face à ce capital qu’on valorise
Face à ce salaire qu’on dévalorise
Face à ces patrons qu’on divinise
Face à ces salariés qu’on méprise
Face à cette opulence qui s’affiche et se banalise
Face à cette pauvreté qui se multiplie et cette charité qui s’institutionnalise
Face à ces personnes qu’on déprime
Face à ces rebelles qu’on réprime
Face à ces vies qu’on supprime
Face à ces guerres qu’on vénère
Face à ces armes qui prospèrent
Face à ces vies fauchées qu’on enterre
Face à cette nature qu’on dénature
Face à cet idéal humain qu’on caricature
Face à cette jeunesse qu’on sacrifie
Face à tous ces êtres qu’on « crucifie »
Face à ces vies privées qu’on espionne
Face à ce monde qu’on empoisonne…

Si vous êtes encore vivants, qu’attendez-vous ?

révolte gilet jaune 2

 

HB

Un an après un mouvement social inédit à la SNCF …

Entretien avec Najim Abdelkader, secrétaire général de la CGT des cheminots de Nice

3 avril 2018 – début de trois mois de grève à la SNCF, début d’un mouvement social inédit pour le rail français en ce début de XXIe siècle. En cause : la réforme ferroviaire, qui avait pour objectif principal de privatiser progressivement un des derniers bastions du service public français.

Un an après, il était l’occasion pour L’Indignation de revenir sur ce moment important de l’histoire des luttes sociales de notre pays.

Pour cela, nous avons contacté un des acteurs majeurs de cette mobilisation cheminote dans les Alpes-Maritimes, Najim Abdelkader, secrétaire général de la CGT des cheminots à Nice.

-Bonjour Najim, peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis contrôleur depuis 16 ans. Je suis également élu au CSE, c’est-à-dire au Comité Social et Économique, avec la CGT. Et secrétaire général de la CGT des cheminots de Nice.

-Quel bilan tiré de ce grand mouvement social de l’année passée ?

C’est un mouvement qui a été très bien compris par les cheminots, notamment grâce à un excellent travail réalisé par les militants de terrain. Malheureusement, les élus politiques n’ont pas suivi ce travail d’information à destination de nos concitoyens, ce qui nous a peut-être porté préjudice sur la durée du mouvement.

Au départ, nous étions très satisfaits et optimistes. L’opinion publique était derrière nous : un Français sur deux nous soutenait. Puis, progressivement, il y a eu essoufflement et nous avons perdu l’essentiel de la sympathie des usagers… C’est dommage.

-Plutôt échec ou réussite de ce mouvement social ?

C’est un échec parce qu’on n’a pas réussi à contrer la réforme. Il aurait fallu que l’opinion publique soit massivement avec nous, et jusqu’au bout. Aujourd’hui, la réforme a été engagée. Et seulement un an après, on en sent déjà les conséquences. Pour rappel lors du vot’action mené par la CGT, plus de 95% des cheminots ont refusé cette réforme. Dommage qu’ils n’aient pas tous agi par la grève….

-Quelles conséquences ?

Aujourd’hui, les conséquences de la réforme ferroviaire sont désastreuses. Nous assistons à des fermetures de gares et de guichets. Certaines lignes de TER sont en voie de disparition. De moins en moins de TGV desservent notre région. Il y a certes encore quelques trains à grande vitesse qui relient Nice et Paris. Mais en dehors de cet axe, la Côte d’Azur se trouve totalement enclavée du reste de la France… C’est très déplorable.

Le président de la SNCF a été clair sur ce sujet : pour qu’un TGV soit rentable, il doit rouler sur une ligne à grande vitesse. Or, de Nice à Marseille, nous en sommes démunis. Cela explique la diminution des TGV entre les deux grandes métropoles de la région PACA. Le risque est que dans l’avenir nous n’ayons plus que des TER pour relier les deux villes…

Heureusement, grâce à notre importante mobilisation durant plus de trois mois, nous avons évité le pire pour les conditions sociales des cheminots.

-Peux-tu nous décrire les conditions de travail des cheminots, souvent tant décriées par l’opinion publique ?

Je pense que le mieux sera de prendre mon cas personnel. La semaine prochaine, je vais dormir deux fois en déplacement, loin de ma famille et de mes enfants (une nuit à Vintimille, une autre à Draguignan). Je suis dans le train tous les jours. Temps de travail quotidien : 7h43. Avec des horaires qui changent en permanence, en raison d’un roulement de service qui prévoit des heures de travail et des jours de repos différents d’une semaine à l’autre. Pour l’organisme, ce n’est pas évident. Ainsi que pour planifier ses semaines. À Noël, on travaille. De même pour le jour de l’An.

Certes, nous avons des avantages : nous partons deux-trois ans avant à la retraite par rapport au privé. Contrairement à ce qui s’est dit, nous payons le train quand nous partons en vacances, mais nous avons des réductions. Après, il ne faut pas se cacher : pour travailler toute l’année dans le train, j’essaye d’éviter de le prendre pendant mes jours de repos.

Dans l’ensemble, je ne me plains pas. Mais bon, les cheminots ont signé un contrat de travail avec des avantages et des inconvénients, pourquoi devraient-ils en garder que les derniers ?

En France, il faut vraiment arrêter de pointer en permanence celui qui a les meilleurs avantages. Au contraire, nous devrions nous battre pour ceux qui n’en ont pas. Imposons le progrès social et non la régression !

-Toi qui connais bien le milieu cheminot, sens-tu un changement des mentalités ces dernières années ?

Le problème : le manque de politisation de beaucoup de cheminots actuels, contrairement à nos anciens. Il faut retrouver une source d’information, autre que celle du téléphone et de la télévision. Heureusement, avec la CGT, nous menons ce travail. Mais bien évidemment, nous n’avons pas les mêmes moyens que les grandes chaînes d’information.

Aujourd’hui, il y a également, à l’image de la société, beaucoup d’individualisme chez les cheminots. C’est très problématique pour mener de véritables combats. Ajouté à cela, la loi travail qui a des conséquences terribles pour nous : elle a réduit considérablement le nombre de nos élus mandatés, ce qui nous laisse moins de temps pour militer correctement et de défendre les intérêts des salariés que nous représentons.

-Comment vois-tu l’avenir de la SNCF ?

On verra avec le nouveau président. Guillaume Pépy part en fin d’année et ne se représentera plus. Le gouvernement va choisir une autre personne. On se projettera sur l’avenir ensuite.

-Beaucoup de gilets jaunes parlent de la mobilisation des cheminots du printemps dernier. Ton ressenti sur ce mouvement ?

C’est un mouvement très honorable, qui s’ancre dans le temps. Leurs revendications sont à 80% celles de la CGT. Quand on est à la CGT, on ne peut être que pour ce mouvement.

Mais la question est de savoir pourquoi ils ne se syndiquent pas à la CGT ? Pourquoi ils n’agissent pas dans les entreprises ? Malheureusement, on n’a jamais gagné une bataille en bloquant les ronds-points.

La solution n’est pas d’investir les ronds-points ou de manifester chaque samedi, cela ne suffit pas. Il faut organiser les salariés dans les entreprises et gagner la grève générale et toucher ainsi à l’économie. Il faut imposer un vrai rapport de force avec le gouvernement. Si les gilets jaunes décident de se mettre en grève, bien entendu les cheminots les suivront.

Ce qui est dommage, c’est de ne pas les avoir vu avec nous l’année dernière. On avait besoin d’eux pour sauver le service public ferroviaire et faire ainsi converger nos luttes !

-Dernièrement, tu as rendu hommage à Pierre Sémard. Qui était-il ?

Pierre Sémard est le premier dirigeant de la fédération CGT cheminots. Il a été également secrétaire général du PCF dans les années 1920. C’est l’artisan de la réunification en 1938 de toutes les entreprises privées ferroviaires en une seule entreprise publique, la SNCF. Emprisonné pour avoir refusé de faire la guerre du RIF au Maroc, il a subi la torture et a été fusillé par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale à cause de son engagement politique et syndical. C’est un militant mort pour ses valeurs et ses idées.

-Mot de la fin pour Geneviève Legay ?

Que dire, à part de l’indignation ! Comment peut-on bousculer une femme à terre de la sorte ? J’ai été abasourdi par ce qu’il s’est passé. Tous les militants niçois la connaissent. Je lui souhaite surtout un bon rétablissement.

J’appelle l’Union Départementale de la CGT à cesser désormais toute discussion avec l’Etat et la préfecture : il faut que la lumière soit faite sur cette affaire. Pour cela, j’espère que les plaintes iront au bout.

Quand on compare aujourd’hui la colère sociale en France et en Algérie, on se demande quel pays respecte le plus des deux les droits de l’Homme. Parfois, j’ai l’impression que l’on se rapproche plutôt de la Chine…

K. Gio

LE BILLET DE POÉSIE ENGAGÉE

Si la musique adoucie les mœurs, je me ferai l’instrument de l’émancipation des peuples, la mélodie de l’oppressé, la sérénade de l’accablé, l’hymne des crève-la-faim, le cantique des miséreux.

Je battrai le rythme de nos revendications, la dissonance du capital, le glas des engraissés.

Il nous faut une symphonie de luttes, un concerto populaire pour faire jouer à l’orchestre des Hommes l’harmonie de l’humanité !

La voix des masses portera l’affranchissement des exploités, chantera la liberté du prolétaire et rendra sourds de rage nos anciens maîtres.

La clameur des méprisés délivrera de leur garde les chiens des actionnaires, puis, ce sera le vacarme de la rue qui couvrira la cacophonie libérale, nos esclandres à l’unisson qui feront du tumulte de nos âmes la fanfare de nos cœurs.

L. Thibault Diederichs

Carlone tombe en ruine – la Bibliothèque Universitaire inondée … Comment préparer les partiels ? Une chose est sûre : eux ne tomberont pas à l’eau !

Depuis quelques semaines, la Bibliothèque Universitaire de la fac de Lettres de Nice, Carlone, est régulièrement fermée pour cause de … « dégâts des eaux ». De petites réparations, mais rien de véritablement concret. Les inondations s’enchaînent, les fermetures aussi. Aucun moyen pour réviser tranquillement les examens qui approchent.

En fin de semaine dernière, à défaut de travaux, la situation s’est aggravée : les conduites ont lâché ! « Il coulait des rideaux d’eau » dans la BU, pour reprendre les termes du personnel technique.

Bibliothèque fermée « jusqu’à nouvel ordre », mais jusqu’à quand ? Aucune réponse précise. De quoi inquiéter fortement les étudiants, démunis de structures et de livres pour préparer sereinement leurs partiels.

Carlone BU

C’est pour dénoncer cet effondrement de l’Université de Nice que nous avions publié le Samedi 9 Mars un article sur « Les conditions d’étude déplorables à la Faculté de Lettres », ainsi qu’une pétition le lendemain pour demander une rénovation de notre lieu de travail.

Il n’est pas acceptable aujourd’hui que les étudiants niçois ne puissent pas se former correctement.

Depuis des années, il est question de la part de l’administration de rendre l’Université attractive. Or, ce n’est pas en donnant 15 000€ à la principale association étudiante pour le Face’tival (selon nos sources) que la Fac va attirer de nouveaux étudiants. Mais bien en rénovant en profondeur un lieu d’étude qui tombe en ruine, et qui risque, si cela continue, de se transformer définitivement en cimetière…

Antonio. G

-Article sur « Des conditions d’étude déplorables à la Faculté de Lettres de Nice » :

https://lindignation.home.blog/2019/03/02/des-conditions-detude-deplorables-a-la-faculte-de-lettres-de-nice/

-Pétition « Pour la rénovation de l’Université de Nice » :

https://www.change.org/p/l-indignation-p%C3%A9tition-pour-la-r%C3%A9novation-de-l-universit%C3%A9-de-nice-45da3f18-7539-4a6b-b2be-da3552762764

Comment l’Etat Français se constitue en violence illégitime ! – Chronique du 23 Mars à Nice.

“Le peuple est le juge suprême de la façon dont les gouvernants remplissent leur mission puisqu’il est la personne qui leur a donné le pouvoir et qui garde à ce titre, la faculté de les révoquer” ( John Locke ).

Tout a commencé par un rassemblement pacifique sur Garibaldi à 10h. Des chants résonnent, l’ambiance est bonne enfant. Quelques Gilet jaunes, des manifestants qui ne le sont pas , et quelques curieux… Puis arrivent une horde de « chiens noirs » : tenues de combat, boucliers, LBD et casques s’imposent. Quelques sommations à se disperser résonnent : une Marseillaise en réponse. Nouvelle sommation, nouvelle Marseillaise. La tension monte, les regards fuient à droite et à gauche quand des renforts arrivent. Les premiers manifestants sont encerclés sous les cris d’autres manifestants outrés. Garibaldi, 10h, on commence à massacrer la liberté d’expression !

Un léger calme s’impose à mesure que nous autres, manifestants encore libres et non encerclés, nous groupons en masse. Deux camps se forment : les premiers manifestants encerclés et, derrière une ligne de policiers en tenue, nous autres qui assistons.

On sent que la tension monte : la BAC a rejoint la place et on entend quelques rumeurs entre les troupes qui nous font face (des casques sur les têtes, des matraques à la main) … Un vieil homme passe parmi nous tous, en murmurant « Attention ils vont charger ! ». Le vieil homme n’à pas menti, car voila qu’ils nous chargent après qu’un d’eux ait hurlé dans un mégaphone des incitations à se disperser. Rien à faire, la souveraineté populaire ne se soumet pas à une autorité illégitime. Ces forces doivent nous charger. Le mouvement se déplace, à gauche, entrée du Vieux Nice. Un homme est à terre, quatre masses noirs s’appesantissent dessus et le menotte, un pot de fleur vole et retombe terre, pas aussi violent que cette femme qu’un coup de bouclier envoie embrasser le sol : sang et hurlement d’indignation s’en mêlent car cette vielle femme qui brandissait un drapeau « Paix » avait eu l’audace de chanter devant les forces de l’ordre.

Entre temps, pris à révère, nous sommes encerclés, droite, gauche, devant, derrière : des blocs noirs de policiers, BAC et compagnies qui nous regardent et attendent… Ils attendent quoi ? Le signal qui ne tarde pas à tomber. J’avance pour ma part quand un bras me saisit : « Par ici monsieur, contre le mur. Votre sac. Vite ! ». Froid, sec, pas autant que le mur qui heurte ma nuque. Un homme à ma droite, professeur de Mathématiques, se fait embarquer. Un autre, secouriste sur les manifestation, ne tarde pas à suivre le professeur, il doit avant se soigner le visage : il a pris un coup.

Voici l’acte de Garibaldi qui se termine… Dispersion, premières violences et tensions qui attendent un chose de plus pour que l’étincelle ne fasse exploser les colères latentes.

Tristan 2

Gare Thiers – 14h :

Rassemblement timide qui prend, au cours des minutes, de l’épaisseur. Il est 14h et on sent que les choses ne seront pas comme à Garibaldi. Quelques gilets jaunes reviennent, des discussions s’élèvent et des pancartes contre la violence policière font leur apparition. Pour la gare, une seul porte est ouverte, gardée par la sécurité ferroviaire (il ne faudrait pas offrir un échappatoire aux manifestant hors-la-loi ! ). Le temps passe… Les premiers policiers font leur arrivée en masse armés et déterminés… Voilà qu’apparaît un camion blanc, suivi de bon nombre d’hommes de la BAC. Hué général, les troupes sont en place : la tension est palpable. Unique rumeur des manifestants qui attendent que tout commence, unique attente des forces de l’ordre, depuis bien longtemps déchues du tire de « gardien de la paix », qui attendent que tout commence…

Et ça commence : première charge, encerclement des manifestants, on hurle contre les forces de l’ordre : «  nous sommes pacifiques ! », « ne nous tirez pas dessus ». Rien à faire, et voilà que déjà au loin, alors que manifestants et policiers se rapprochent et que la colère semble prendre forme en des poings qu’on sert, le camion armé de jets d’eaux et de nouvelles forces armées, rejoignent les étincelles. Essoufflement généralement, la dissuasion a marché : le camion recule. A ma droite, un policier insulte un manifestant visiblement sur les nerf «  fais pas ta tapette, viens me frapper », tout ce qui manque pour que l’émeute ne file à la guérilla. Mais rien ne dur, on sépare les deux hommes… Après quelques dizaines de minutes, un échange avec quelques manifestants (qui n’ont aux lèvres qu’une amère indignation), on voit partir en avant, drapeau brandi en l’air, notre corps manifestant, prêt à braver l’interdiction et les hordes noirs et furieuses. On avance vers Libération, suivis par un impressionnant convoi : une voiture, deux voitures, cinq, six, une ligne de policiers, une deuxième plus grandiose, une troisième et une quatrième suivent : quinze policiers pour un manifestant, rien de plus impressionnant. La souveraineté populaire réprimée dans la force, on voit se ranimer le spectre d’anciens fantômes fascistes. Au loin une détonation, l’étincelle a prise. Sirène, mouvement. Des ordres se lancent : «  contournez », « prenez cette rue », « on interpelle », «  on charge ». Rien ne sert de décrire plus encore, tout est résumé dans ces ordres qui n’ont d’équivalent que la violence dans nos chaires.

Peuple martyrisé pour s’être exprimé, nous subissons sur la peau les attaques d’une lutte séculaire : la liberté !

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Pier R.

Acte XIX et séjour du président chinois à Nice – Répressions policières, une blessée grave.

L’Acte XIX à Nice était annoncé sous haute tension. Interdiction de manifestation, risque d’amende,… De quoi dissuader les Gilets Jaunes de se présenter tranquillement dans le centre-ville de la métropole azuréenne.

Les raisons : le séjour du président chinois dans les Alpes-Maritimes ce week-end pour négocier des traités commerciaux avec la France, et le risque de débordements pour la dix-neuvième édition des Gilets Jaunes.

Blacks blocks français et italiens étaient pressentis pour l’occasion. Le maire Christian Estrosi et le préfet, affolés, ont alors pris des dispositifs hors du commun durant la semaine : interdiction stricte de manifester et renfort de dizaines et de dizaines de camions de CRS.

Pourquoi donc ? Nice, une ville pourtant tant pacifique depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes.

Ce matin, place Garibaldi, le cauchemar est arrivé. Non pas des blacks blocks, non présents. Mais plutôt des policiers qui ont mené une charge très violente.

Résultat : une blessée grave, une femme de 71 ans, tenant dans sa main un drapeau de la « Paix ».

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Un choc pour le milieu militant niçois…

Pourquoi une telle violence ? Dans un contexte où la France est de plus en plus décriée par la presse étrangère comme étant « une dictature ». Alors que nous représentons, pour le monde, le symbole de la démocratie depuis des décennies !

Pourquoi autant de policiers ? Alors qu’il y en avait beaucoup moins lors des attentats du 14 juillet sur la Promenade des Anglais…

Pourquoi la paralysie totale de la ville et du département ce week-end (les deux lignes du tramway sont hors service ce Samedi, des trains ne circuleront pas à certaines tranches horaires ) ?

Le gouvernement et le maire de Nice critiquent fortement les manifestations de Gilets Jaunes en raison de leurs conséquences économiques « désastreuses ». Pourtant, pour ce week-end sur la Côte d’Azur, cette question se trouve être sans importance… Normal, c’est la venue du président chinois !

A quand la République pensera d’abord à sa population, avant de penser au fric ?

Vivement la démocratie !

Antonio G.