« La sécurisation de la frontière dans les Alpes-Maritimes coûterait 50 000 euros par semaine. Stop ! »

Entretien avec Cécile Dumas, responsable adjointe du secteur international en charge des enjeux migratoires du PCF et conseillère municipale à la mairie d’Antibes

-Que pouvez-vous nous dire sur la question migratoire actuelle ?

Les phénomènes migratoires sont multiples, à toutes les frontières de la France : frontière franco-italienne, franco-espagnole,… Multiples, mais pas massifs. L’État français ne respecte pas le droit international alors qu’il est signataire de toutes les conventions internationales, y compris le droit de l’enfant. Tous les jours, nous assistons à des drames pour les mineurs isolés.

Je voudrais insister sur ce point : contrairement aux idées véhiculées par certains, il n’y a pas d’invasion des migrants, qui voleraient l’argent de la France. Un migrant ne touche rien de la France. Quand il arrive, il doit se débrouiller pour avoir des droits. En tout, l’année dernière, il y a eu seulement 33 000 demandes d’asile acceptées (pour un pays qui est la cinquième puissance mondiale et qui a plus de 66 millions d’habitants).

Il faut que le PCF propose, dans la campagne des Européennes, de légiférer sur des voies sûres et légales de migration : donner des visas humanitaires pour ceux qui fuient les conflits, faire en sorte que Frontex ne livre pas les migrants à la Libye mais au contraire sauve les migrants.

Cela n’est pas acceptable de se dire que la Méditerranée est le lieu le plus dangereux au monde pour les migrants : 8300 morts depuis janvier 2018.

Les flux migratoires et les mouvements de population datent de la nuit des temps. La plupart des pays se sont construits par des mouvements de population, et ça ne changera pas. Aujourd’hui, il y a 4 millions de Français qui vivent à l’étranger. Or, on parle autant de ces travailleurs expatriés ?

-Quelles sont vos impressions sur le traité de Marrakech ?

Le traité de Marrakech a été honteusement exploitée par le FN et la droite dure. Parce que dire qu’il soumettait les pays à une telle politique migratoire est complètement faux. Au contraire, le problème de ce traité est qu’il n’est pas contraignant.

L’aspect positif est d’avoir mondialisé ce débat, et avoir remis en avant les droits internationaux. Idéalement, il faudrait un véritable suivi de l’ONU, et bannir certaines politiques comme nous pouvons l’avoir en France. C’est une honte de voir aujourd’hui des centaines d’enfants livrés à eux-mêmes en France, dans la rue, qui ne trouvent refuge que dans la mafia, la prostitution ou la drogue.

-Comment évoluent les flux migratoires dans le département depuis fin 2017 et la chute de Daesh ?

Les flux migratoires dans le département sont certes moins importants qu’en 2015, mais ils sont toujours constants. Et la réponse de l’État est la même : la fermeture de la frontière. En plus, ça coûte un fric monstrueux et ça ne sert à rien. D’après les estimations, la sécurisation de la frontière dans les Alpes-Maritimes coûterait près de 50 000 euros par semaine. Stop !

-Quels combats sont encore à mener aujourd’hui ?

Il faut continuer à dire la vérité, et non fantasmer sur les chiffres. Notre combat de tous les jours est de faire en sorte que s’installe un bureau de la Préfecture à la frontière franco-italienne, pour que les migrants puissent accéder à leurs droits : demande d’asile, carte de résident pour le travail, demande de rapprochement familial. À la frontière, il faut un temps de pause pour les migrants, de soins sanitaires et psychologiques, un centre d’accueil pour qu’ils puissent choisir une nouvelle vie.

-Est-ce qu’on a assisté à un changement des mentalités depuis la médiatisation de l’engagement de Cédric Herrou ?

À un moment, je l’ai pensé. Cédric Herrou a permis de faire exploser le débat médiatiquement. Or aujourd’hui, malheureusement, ça retombe. Le problème est que nos responsables politiques n’en parlent pas assez. Ce n’est pas pour rien si les idées xénophobes et racistes sont actuellement très prégnantes en France.

De plus, je pense que les débouchés politiques du mouvement social ne sont pas bons. L’idée du coût des migrants est gênante. Un homme ne coûte pas. L’utilisation de ce débat par certains est négatif. Et malheureusement, il est à mon goût trop présent dans le mouvement des gilets jaunes des Alpes-Maritimes et du Var. Je sais bien que ce mouvement des gilets jaunes n’a rien d’homogène, mais ça peut poser problème pour la suite. 

À voir.

Nouvel acte antisémite : dégradations de la plaque commémorative du lycée Calmette (Nice) !

Durant la nuit du 12 au 13 Mars 2019, l’antisémitisme a encore frappé dans notre pays. Et pas n’importe où ! Au lycée d’une grande personne défunte de notre République : Simone Veil, victime du nazisme et de l’horreur des camps de concentration.

C’est ici que le groupuscule Nice nationaliste a décidé hier soir de vandaliser la plaque commémorative en hommage aux élèves déportés entre 1942 et 1944. Plusieurs stickers fascistes et anti-communistes ont été collés dessus. Un scandale !

plaque Calmette

N’oublions pas que les Alpes-Maritimes ont été particulièrement touchés lors de la Seconde Guerre mondiale, et notamment les enfants avec plus de 400 d’entre-eux victimes de la déportation.

Après les tombes vandalisées ces dernières semaines, le rassemblement contre l’antisémitisme du 19 Février avait eu pour objectif de dénoncer ces actes haineux de plus en plus fréquents en France : en 2018, ceux-ci avaient bondi de 74% dans notre pays par rapport à 2017. Et ils risquent d’être encore plus nombreux cette année.

Une condamnation ferme de tels agissements est attendue. Les groupuscules d’extrême-droite doivent être définitivement dissous. En espérant que les 2300 caméras de vidéosurveillance de la ville de Nice servent bien une fois à quelque chose : retrouver les ennemis de la République !

En attendant d’éventuelles poursuites judiciaires, le Parti communiste des Alpes-Maritimes appelle aujourd’hui, à 18h, à un rassemblement devant le lycée Calmette.

Voici le lien de l’événement : https://www.facebook.com/events/392914841524748/?notif_t=plan_user_invited&notif_id=1552471947430494

K. Gio

Et si jeunesse sauvait la planète ? Manifestation le Vendredi 15 Mars !

Partout en Europe, les jeunes lycéen.nes et étudiant.es se mobilisent pour répondre à l’appel lancé par Greta Tunberg en faveur d’une « grève mondiale » pour le climat.

Le motif de cet appel est simple : depuis plus de 50 ans, nous avons conscience du réchauffement climatique, de l’impact environnemental et écologique de nos modes de vie et de nos systèmes de production. Depuis 50 ans, nous avons conscience que l’action de l’humanité, dans les civilisations modernes et industrialisées, dérégule de plus en plus intensément l’équilibre fragile de l’environnement naturel. Pourtant, depuis 50 ans, rien n’a changé, et les gouvernements du monde entier relèguent toujours les questions écologiques, à un détail de leur programme et de leurs actions.

Il est tellement plus important de prôner sans cesse la croissance, la fameuse
idéologie de la croissance infinie, alors même que nos ressources naturelles sont limitées. Les puissants de ce monde, les patrons du CAC 40, les mastodontes de la finance et les gouvernements à leurs bottes sont entièrement responsables de la catastrophe écologique vers laquelle nous nous dirigeons. Pourtant, ils se comportent en irresponsables.

Chaque année, des dizaines d’espèces animales disparaissent. Chaque année, des dizaines d’hectares de la forêt amazonienne sont abattus. Chaque année, la température globale moyenne à la surface du globe augmente peu à peu. Tout cela, par la faute d’un système économique, qui pour perdurer, n’a trouvé comme seule solution que d’exploiter toujours plus les ressources naturelles.

Le constat, très juste, est fait par la jeunesse : « si les actes individuels et isolés sont inefficaces pour changer la donne, alors il faut se mettre en grève collectivement pour espérer un changement. »

De ces mouvements de désobéissance civile et scolaire, qui rassemblent plusieurs dizaines de milliers de lycéens dans plusieurs pays (Belgique, Allemagne, Canada), a donc émergé un appel à la grève scolaire mondiale pour le climat (Youth for the climat), qui aura lieu ce Vendredi 15 Mars.

A Nice, les lycéen.nes se mobilisent pour cet appel général. Ils ont crée un collectif « Les jeunes niçois.es pour le climat », et sont très actifs sur les réseaux sociaux pour préparer l’événement.

Le journal L’indignation est alors allé à la rencontre de trois lycéen.nes en lutte : Emilie, Louna et Valentin, pour les interroger sur la manière dont il ont préparé cet événement, ce qu’il représente pour elleux et ce que iels en attendent.

Pouvez vous nous présenter votre collectif ?
– Valentin : C’est un groupe de jeunes totalement indépendant qui a décidé de réveiller les jeunes en répondant à l’appel de Greta Thunberg.

Qu’attendez-vous de ces manifestations ?
-Louna : Personnellement, j’espère que grâce à ces actions les gens prendront conscience de la gravité de la situation. Et qu’iels feront le nécessaire en sortant de leur confort personnel pour sauver notre planète et notre avenir. Mais également que les gouvernements réagissent. Le fait de descendre dans la rue, faire des actions, être visible, ça montre aux gouvernements et à celles et ceux qui méprisent la planète et notre avenir qu’on ne les laissera pas faire.

-Emilie: Je veux faire pression sur les « grands », sur ceux qui possèdent l’argent, sur le pouvoir, car ce sont eux qui ferment les yeux. Les lycéens, les étudiants, et tout ceux qui ne sont pas adultes, ne sont pas ignorants. On voit très bien l’état de la planète qu’on nous a laissé. On ne refera pas les mêmes fautes qu’eux.

-Louna : On est tellement pris pour des enfants fragiles et ignorants parce qu’on est jeunes et qu’on n’a pas la soi-disant « expérience de la vie ». Mais pour l’instant, nous sommes celles et ceux qui réagissons le plus.

-Emilie : Notre génération n’est pas celle qui a fait grossir les grosses entreprises qui ont bousillé la planète.

Vous pensez qu’ici (en France), c’est plus dur de mobiliser les jeunes là dessus ?
-Emilie : Vu notre président et les autres, on voit bien que personne ne veut parler de ce sujet concrètement. Enfin chaque pays veut refiler ce sujet aux autres pays, et tous se rejettent la faute.

-Louna : « Je pense qu’en France, quand les gens sont vraiment en colère, iels descendent dans la rue. Et on est un des seuls pays d’Europe à le faire (par exemple avec les Gilets Jaunes). Mais je pense que les gens n’ont pas forcément conscience de la gravité et de l’urgence à laquelle on est confronté.es. Et c’est pour ça qu’on fait des actions.

-Emilie : Tout passe par l’information. Si les gens peuvent être bien informés, ils se bougeront.

Que faudrait-il faire pour que les jeunes prennent davantage conscience de l’urgence
écologique ?
-Emilie : Les sortir de leurs zones de confort ? Je ne sais pas.

-Louna : Je pense que déjà, une sensibilisation au niveau des écoles, cela pourrait faire beaucoup. Mais aussi leur montrer réellement ce qu’il se passe. Par exemple les amener voir un lac pollué, et surtout beaucoup en parler, sans retenu, leur montrer des images, et étudier ça en cours.

Comment est-ce que l’on peut agir collectivement aujourd’hui pour l’environnement ?
-Emilie : Stop à la surconsommation ! Les gens achètent trop de trucs inutiles. En plus de nourrir le grand capital, ils polluent l’espace et eux-mêmes. Mais les gens sont impulsifs et ne peuvent pas s’empêcher de consommer à cause de la propagande capitaliste.
Pour sauver la planète, il faut changer tout notre système, faut tout reconstruire depuis la base. Faut détruire le système capitaliste. Faut arrêter le massacre dans les usines et les abattoirs. Les conditions de production de viande sont immondes ! Faudrait aussi arrêter de bétonner les villes. Faut détruire les lobbies, ils sont dangereux.

-Louna : Pour commencer, développer les transports en commun, anéantir le plastique, utiliser une électricité plus saine. Utiliser des panneaux solaires, des piles à hydrogène, des éoliennes. Faire un minimum de déchets, arrêter de surconsommer Utiliser une énergie plus saine pour les avions et les bateaux, utiliser le moteur de recherche « Ecosia » (qui plante des arbres à chaque recherche). Et surtout, abolir le capitalisme !

-Valentin : Manger moins de viande, suivre l’initiative du Lundi sans viande par exemple, installer en masse des panneaux solaires (on est dans la région la plus ensoleillée de France, alors autant en profiter). Mettre en place des transports gratuits pour inciter les gens à davantage les prendre. Sortir du nucléaire aussi.

Admettons que vous soyez en position de décider de la politique écologique du pays, quelles sont les mesures politiques que vous mettez en place ? 
-Emilie : Si je suis dans un gouvernement, c’est que c’est un gouvernement communiste qui est en train d’abolir le capitalisme. Et si on se débarrasse du système capitaliste, il n’y a plus de problèmes écologiques : problème réglé !

-Valentin: Pareil que Emilie, abolir le capitalisme.

-Louna: Taxer le fioul maritime et aérien, faire passer tous les camions à l’électrique, obliger tous les nouveaux bâtiments à s’équiper de panneaux solaires sur leurs toits. Installer de grands parking à l’entrée de chaque grande ville, pour plus qu’aucune voiture n’y circule (sauf les voitures de fonction). Interdire les abattoirs, ne mettre du poisson ou de la viande que deux fois par semaine maximum dans les cantines. Faire de la prévention massive dans les écoles, anéantir le nucléaire et la publicité, ainsi que la propagande capitaliste. Et installer le moteur de recherche Ecosia sur tous les ordinateurs.

Et le mot de la fin ? Que pensez vous de « L’indignation » ?

-Louna : Je ne connais pas assez pour donner un avis objectif sur le travail en lui-même, mais j’adore l’idée.

-Emilie : « Continuez comme ça les camarades!

Toutes et tous en manifestation le Vendredi 15 Mars au départ de la place Garibaldi à 11h.

Lucas

La consultation citoyenne à Antibes « pour améliorer la vie de la population »

Entretien avec Cécile Dumas, conseillère municipale PCF-Front de gauche de la ville d’Antibes

Présentez votre démarche de consultation citoyenne.

Le 29 mars, à Antibes, il sera question de voter le budget annuel de la ville. Lors du débat d’orientation budgétaire, le maire Jean Leonetti a annoncé que la ville possédait d’importants revenus. Notamment grâce à la délégation de service public du port (les installations appartenant à la ville, qui reçoit par conséquent des redevances) qui rapporte près de 18 millions d’euros tous les ans.

Antibes a un potentiel fiscal très important. Et cela ne cesse d’augmenter, en partie en raison de la majoration de 20 % sur les taxes d’habitations sur les résidences secondaires. De ce fait, je propose des investissements pour les citoyens d’Antibes. La majorité nous laisse nous exprimer. Et on sent qu’il y a des possibilités d’ouverture. Donc on en profite.

L’objectif de cette enquête que nous menons est d’amener le débat au sein de la population. Il est possible de faire augmenter le pouvoir d’achat ! Les municipalités ont leur rôle à jouer sur cette question-là. De plus, nous sommes privilégiés à Antibes : le budget est au rendez-vous.

Pourquoi avoir mis en place une enquête sur le futur budget voté le 29 mars 2019 ?

On a de l’argent à distribuer et les Antibois doivent en profiter. Depuis quelques années, on emprunte plus, on se désendette même. Or, les recettes doivent revenir aux habitants. Il n’est pas acceptable qu’Antibes perde en population depuis deux ans (tout ça alors que la ville se porte bien économiquement). Il faut que nos jeunes restent et qu’on soit en mesure d’en attirer de nouveau.

Quelles sont vos propositions ?

Tout d’abord, continuer d’avoir des recettes supplémentaires en appliquant notamment la taxe de séjour sur les habitants des yachts. En appliquant la taxe sur les logements vacants (il y en a plus de 3000 à Antibes). En majorant encore plus la taxe foncière sur les résidences secondaires. Et bien évidemment en régulant les locations Airbnb.

J’ai également l’idée d’un grand projet pour la « Maison de la jeunesse et de la culture du XXIe siècle » : il s’agirait d’un lieu de rencontre pour les jeunes. La ville a pour cela à disposition un bâtiment (au-dessus de la poste), dans un quartier qui va être rénové. L’emplacement serait idéal, en plein centre-ville. Coût estimé : 2 millions d’euros.

Ensuite, il serait intéressant de mettre en place différentes gratuités :

  • gratuité des transports sur la CASA (c’est-à-dire la Communauté d’agglomération Sophia-Antipolis). Coût : 3 millions d’euros, selon le chiffre avancé par la mairie.

  • gratuité des cantines pour les plus défavorisés, étant essentiel pour la santé des enfants.

  • gratuité des fournitures scolaires pour les enfants scolarisés à l’école publique.

  • un pass culture et loisir pour tous les jeunes : accès aux associations, aux clubs de sport.

Nous sommes confiants pour tous ces projets. La mairie a laissé une ouverture.

Est-ce que cette enquête connaît de bons retours pour l’instant ?

On a déjà fait trois présences (tractages…) dans différents quartiers d’Antibes. Une cinquantaine d’enquêtes ont été remplies, avec beaucoup de mails laissés.

Premier retour : cela fait longtemps qu’on n’a pas ressenti une telle sympathie pour le débat politique au sein de la ville. Tout le monde n’est pas d’accord avec nos propositions. Mais le partage de l’argent fait parler.

Cependant, il ne faut pas se cacher : le mot « taxe » est très mal vu. On a beaucoup de mal à parler de nouvelles recettes publiques. Il y a un discours « anti-impôts » fort. C’est véritablement la vraie difficulté auquel nous avons pu assister durant nos présences. Les individus interpellés cochent les propositions, en rajoutent, mais ne cochent pas pour les recettes supplémentaires. Pourtant ils ne vont pas les payer ces taxes, qui concernent exclusivement les plus riches de notre ville.

Prochaine action : des portes-à-portes jusqu’à fin mars.

Réponse : le vote du budget le 29 mars.

Pensez-vous que la consultation citoyenne doit être une voie à suivre pour les élus ?

Je pense qu’il faut qu’on trouve des moyens pour débattre avec la population. L’élu doit être le porte voix de la population. Pour cela, il faut plus mettre en avant les oppositions municipales. Il faut démontrer que la volonté politique peut aider la vie quotidienne des gens. C’est le but principal de cette enquête : améliorer la vie de la population.

Que pensez-vous du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) revendiqué par les gilets jaunes ?

Je ne crois pas en la démocratie du multiple référendum. Pour moi, la vie politique ne se construit ni par « oui » ni par « non ». Elle se construit avec des débats, des évolutions, des participations. Il ne faut pas inculquer l’idée que toute décision se prend par une réponse positive ou négative. Je ne suis pas pour un référendum sur toutes les questions. La priorité doit rester l’élection. Cela doit être un moment où tous les citoyens doivent s’en mêler. Et en plus, il y a de quoi débattre : les choix sont malgré tout nombreux.

Liens et programmation :

Le Festival d’Amnesty International du 1er au 31 mars 2019 : « Au cinéma pour les droits humains »

Entretien avec Jean-Luc Levénès, coorganisateur du Festival d’Amnesty International

Depuis quand existe ce Festival ?

Le Festival du cinéma d’Amnesty International France existe depuis 6 ans. Cette année, il a commencé le 1 mars à Nice. Et se terminera à la fin du mois.

À l’origine, l’idée a émergé dans les Alpes-Maritimes, dans seulement deux-trois villes. Puis après, progressivement, l’événement a connu du succès et s’est étendu de plus en plus, sur toute la côte méditerannéene. Pour l’édition 2019, on aura des projections dans une vaste région s’étendant de la Corse jusqu’à Perpignan (PACA, Corse, Languedoc).

Cette année, comment se structure-t-il ?

Le Festival est un combat pour les droits des humains, de 260 personnes en tout. C’est un engagement bénévole permanent. Cette année, on a eu près de 1200 films proposés pour aboutir au final à 30 courts et longs métrages. On aura en tout 150 projections, dont une soixantaine dans le milieu scolaire (de l’école maternelle au lycée).

À Nice, elles auront essentiellement au cinéma Mercury (place Garibaldi), à la Zonmé (rue des Combattants en Afrique du Nord) et à la bibliothèque Raoul Mille (33 Avenue Malaussena). Il y en aura aussi à Carros, à Cannes.

Dans le Var, à Fréjus, Rians, Six Fours les Plages et Toulon.

La chance de cette année est qu’on aura beaucoup d’invités. Notamment un réalisateur kurde qui a été condamné par Erdogan.

Pourquoi le Festival ?

Le but est d’informer et d’agir, de faire découvrir des situations, de présenter les conditions de vie de personnes qu’on ne connaît pas.

Dans le milieu scolaire, on a pour mission de travailler avec les enseignants, surtout d’Histoire-Géographie, d’EMC, de Lettres. On veut discuter avec les enfants, leur faire découvrir un monde qu’ils ne connaissent pas forcément. C’est aussi une autre manière de s’informer par rapport à ce que l’on voit en permanence à la télévision.

Le plus important : éduquer aux droits humains !

Les objectifs pour cette année et le futur ?

Le plus de publics possibles.

Si vous êtes intéressés par le Festival, voici quelques liens importants :

CUBA : L’ÉDUCATION, FER DE LANCE DE LA RÉVOLUTION.

Cuba, qu’on l’aime, qu’on l’admire ou qu’on en rêve, l’île rebelle ne laisse personne indifférent. De ses longues plages de sable fin à ses vallées et ses plantations de tabac mythiques, Cuba est décriée dans le monde comme une dictature violente, qui affame son peuple et le laisse dans la misère et dans le passé. Il est temps que nous mettions en lumière l’horrible diffamation bourgeoise. Pour les révolutionnaires, le bien le plus précieux que nous puissions avoir, c’est l’éducation populaire. Avant la révolution, Batista régnait avec les États-Unis sur l’île, devenue un terrier où le blanchiment d’argent était la spécialité locale, les jeux, la mafia bourgeoise, venaient sur ces terres paysannes oppresser le prolétariat…

L’éducation populaire cubaine

L’UNICEF annonce que Cuba est « paradis international de l’enfance », mais également qu’il possède le taux le plus bas de mortalité infantile de toute l’Amérique ( OMS UNICEF) tout en étant le seul pays de l’Amérique Latine sans malnutrition infantile.

Toutes ces avancées sont dues à la formidable part de l’enseignement médical – spécialité cubaine- très importante pour le gouvernement qui, plus généralement, est à l’Avant Garde sur l’éducation de son peuple. La preuve en est que l’alphabétisation de la population cubaine fut totale en seulement un an après la victoire de Fidel Castro à la Havane. Cette glorieuse campagne a pu donner un élan au peuple et donner la chance de devenir enseignant et intellectuel à tout le monde. Les révolutionnaires ont bien compris que le deuxième besoin d’un peuple, après le pain, c’est l’éducation. Comparé à la France, qui aujourd’hui ne cesse d’augmenter les frais d’inscriptions pour les facultés « publiques », multiplie par 16 les frais pour les étudiants extra européens, l’enseignement de pointe à Cuba est gratuit a 100%. De quoi donner des idées à nos dirigeants ?

Le gouvernement forme son peuple à des professions médicales, et son système de santé est un exemple pour le monde entier. Dans ce sens, Cuba a envoyé rien qu’au Liberia et en Guinée 796 médecins et infirmières… Soit plus que toute l’Europe réunie. La situation est telle que Cuba envoie ses médecins pour aider la France, en Guyane ! Les laboratoires ne sont pas en reste : la mise en place de vaccins et de découvertes scientifiques sont très prometteuses et pourraient sauver la vie de milliers de personnes dans le monde, parmi les découvertes : 4 types de vaccins contre le cancer, éradication totale de la poliomyélite, du VIH de la mère à l’enfant… Pas étonnant quand depuis 1961, c’est plus de 130.000 diplômés en médecine qui sortent des universités cubaines !

Tous ces chiffres, montrent que l’ère castriste a apporté un avenir pour ce peuple révolutionnaire. Obama avait tenté d’apaiser les tensions entre les deux nations, il a ouvert une ambassade sur l’île et y a développé le tourisme. L’embargo, toujours existant, avait été détendu par le gouvernement Obama. Mais les nuages sont vite revenus, avec l’accès à la maison Blanche du fasciste Donald Trump, qui a annulé les avancées historiques et rétabli le blocus avec force… C’est donc avec l’embargo de plus de 50 ans d’une petite île par la première puissance mondiale, que Cuba ridiculise avec ses résultats les plus grands États Capitalistes et donneurs de leçons de ce monde. Cuba sera toujours l’étendard du socialisme triomphant, d’une lutte à mort entre le passé et le présent qui semble fier et narguer les côtes Américaines de ses avancées sociales !

Repose en paix Fidel, vive Cuba, et vive le progrès révolutionnaire !

Ghjuvan Santini

Pour une « école de la confiance, pas de la défiance » !

Entretien avec Jean-Luc Levenes, un des représentants du mouvement des « stylos rouges » de l’Académie de Nice

– Bonjour Jean-Luc Levenes, qui êtes-vous ?

Je suis enseignant en Technologie dans un collège à Nice Nord, représentant dans les médias des « stylos rouges » de l’Académie de Nice.

– Pouvez-vous nous présenter le mouvement des « stylos rouges » ?

Le mouvement des « stylos rouges » est un mouvement informel créé sur Facebook, qui compte plus de 65 000 personnes en France (709 à Nice). Ce sont des enseignants qui se sont rendus compte, et malheureusement, que les actions syndicales traditionnelles, comme la grève, n’étaient pas suivies. Avec les réseaux sociaux, l’avantage est de pouvoir s’exprimer librement, et tout cela sans avoir à se déplacer.

– Que dénoncez-vous ?

Notre combat est de différents ordres. Tout d’abord, au niveau du salaire. Nous avons les salaires les plus bas en Europe. Pire pour notre Académie [Alpes-Maritimes et Var], et plus généralement pour la Côte d’Azur, où les prix du loyer sont tels qu’il devient difficile pour nous de nous loger.

Est-ce qu’on veut que les enseignants aient une situation précaire pour travailler sereinement ?

Le ministère veut une école de la bienveillance : pour cela, il faut des effectifs réduits pour prendre en compte les spécificités des élèves ! En lien avec le #Pasdevague, on veut que notre profession soit respectée.

On dénonce particulièrement la communication mensongère du ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer. Dans le cadre de la réforme actuelle, ce n’est pas une école de la confiance qui est mise en place. Mais plutôt une école de la déchéance !

Nous combattons ce que l’on appelle « l’école du socle », qui va rassembler école et collège. On veut nous faire croire que les élèves vont mieux travailler. À vrai dire, c’est moins de moyens et de professeurs ! Dans l’Académie, nous avons plusieurs collèges qui perdent des postes, comme par exemple au collège Vernier à Nice. C’est encore pire pour les lycées !

– Quelles actions proposez-vous dans les prochaines semaines ?

On se rend compte que la grève n’est pas un moyen d’action efficace, puisqu’elle n’est plus suffisamment suivie.

Le 17 mars, on fera une action ! Manifestation sur la place Masséna, peut-être ? On chantera certainement, donnera des tracts pour informer la population. On l’a déjà fait, il y a quelques semaines, à Polygone Riviera à Cagnes-sur-Mer : on a notamment corrigé des copies en public. Pour cela, on prévient les médias. Et ces derniers relatent assez bien nos actions. Dans l’ensemble, on a une bonne couverture médiatique.

– L’avenir du mouvement ?

On ne sait pas comment tout ça va se structurer. Pour l’instant, nous sommes toujours au stade de l’informel.

– Est-ce que le mouvement des stylos rouges pourrait faire une grève des examens (Brevet, Baccalauréat…) en Juin ?

C’est difficile. Nous sommes dans une société où il est difficile de mobiliser tout le monde. Déjà parce que tout le monde n’a pas les mêmes intérêts et objectifs. Dans le premier degré, c’est sûrement plus facile. Peut-être de plus en plus dans les lycées.

Beaucoup de profs regardent les problématiques de leur établissement, et non l’ensemble de la profession. C’est dommage… Faire une grève en Juin, avec seulement peu d’enseignants, serait de plus très dangereux pour nous.

– Question de la fin : pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans ce mouvement ?

Parce que j’adore ce métier. On a des relations fortes avec les élèves. Mais on ne peut pas traiter la jeunesse ainsi. Désormais, on peut véritablement parler de l’école du désespoir. On propose un avenir négatif à nos élèves. C’est pour ça que j’ai du mal, et que je suis syndiqué au SNES. J’ai prévenu mon syndicat que les grèves n’étaient pas une bonne action. On n’a pas encore été entendu.

Ce n’est pas pour rien si dans les lycées nous sommes en train de développer des modes d’action alternatifs : l’attribution de 20/20 à tous les élèves, la démission des profs principaux,…

Rendez-vous le 17 mars pour la prochaine action des stylos rouges !

Assemblée Générale hier soir à l’Université de Nice sous haute tension ! La violence justifiée par un membre de Solidaires étudiant.e.s Nice.

Hier soir, à Carlone (fac de Lettres de l’Université de Nice), une Assemblée Générale se tenait pour dénoncer la réforme universitaire actuelle, et notamment la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers (cf. article de L’Indignation publié Lundi prochain).

Alors que tout se passait bien, la fin de l’AG a semblé être très agitée. Un affrontement violent, verbal et physique, s’est produit entre des membres du syndicat étudiant, Solidaires étudiant.e.s Nice et l’UNEF.

Les raisons ? Des rancunes depuis plusieurs mois entre les deux organisations.

Les détails précis de l’affrontement d’hier soir ? Les discours restent très confus.

Toutefois, nous avons eu ce matin des révélations d’un des membres du syndicat Solidaires étudiant.e.s Nice. Celui-ci justifie la violence commise par une personne encartée dans son organisation !

Aucune gêne. Pire. « Personnellement je trouve que c’est en deçà de ce qu’il mérite », malgré le fait que la victime – membre de l’UNEF – s’en soit pris « une ou deux, c’est tout ».

Voici les messages envoyés à un de nos confrères (les noms des personnes ciblées ont été bien évidemment enlevés).

Toute violence est condamnable et injustifiable ! Le comportement et la réaction de Solidaires étudiant.e.s Nice n’est pas digne d’une organisation de gauche, se prétendant progressiste et contre toutes les formes d’oppression.

En espérant que justice soit faite pour les victimes.

Karl. M

Les promoteurs du jihad : les États-Unis !

Et si les Américains étaient les promoteurs du jihad contemporain ?

Le spécialiste du Moyen-Orient, Gilles Kepel, qui vient de sortir un ouvrage intitulé Sortir du chaos – Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient (2018)1, le laisse entendre à de multiples reprises dans ce dernier. Cette idée fait même l’objet de sa conclusion, puisqu’elle serait « très en vogue dans le monde arabe et alimentée au quotidien par les réseaux sociaux ». Il y aurait le soupçon, et même la certitude pour certains, que « l’Occident (et principalement les États-Unis) aurait créé Daesh et le jihadisme à seule fin de détruire avec lui les pays sur lesquels il avait étendu son emprise ». Le jihadisme ayant fait tellement de mal ces dernières années aux populations moyen-orientales…

Kepel, Sortir du chaos

Le jihad prôné par les États-Unis pour détruire l’URSS et le communisme !

Tout commence le 25 décembre 1979, en pleine guerre froide : l’URSS entre en Afghanistan. C’est le début de près de dix années de guerre. Le début d’un désastre pour la grande puissance communiste de la deuxième partie du XXe siècle !

Pourquoi les Soviétiques décident-ils d’intervenir ? En raison du lien de plus en plus étroit noué entre Américains et islamistes, entraînant une vague de révoltes et d’oppositions contre Kaboul à la fin des années 1970 (le président américain Jimmy Carter signe, en juillet 1979, une première directive pour aider les islamistes afghans opposés au régime communiste en place).

Après la catastrophe de la guerre du Vietnam (1955-1975), ayant affaibli gravement la première puissance occidentale, les États-Unis veulent faire connaître le même sort aux Soviétiques. Une intervention étrangère est suicidaire. Ils font alors tout pour pousser l’URSS dans ce piège. Une réussite.

Pour y arriver, les Américains ont bien compris une chose : « diviser pour mieux régner » ! Comment diviser ? En s’appuyant sur des alliés de circonstance : les islamistes. Des alliés qui avaient déjà servi par le passé pour mettre à mal les nationalistes arabes. Les Américains avaient alors utilisé les Frères musulmans égyptiens contre le grand Nasser, qui tenait d’une main de fer son pays et avait une influence hors norme dans l’ensemble du tiers-monde.

Aucun scrupule pour « le pays du cœur battant du capitalisme », pour reprendre l’expression du journaliste de L’Humanité Marc De Miramon2. Son alliance avec le fondamentalisme islamique et le terrorisme est préférable. Un seul ennemi à abattre : le communisme !

D’ailleurs, les Américains n’en ont pas honte, ne s’en cachent pas. La CIA a formé militairement des milliers de musulmans pour combattre l’URSS en Afghanistan, des jihadistes venus d’Afrique du Nord (Algérie surtout), de la péninsule Arabique, d’Asie (Pakistan, Malaisie, Philippines), du continent américain ou encore des banlieues européennes. Parmi lesquels le très connu saoudien Oussama Ben Laden, qui attaquera en plein cœur les États-Unis en 2001, le pays qui l’avait lancé dans la lutte armée pour l’hégémonie de l’islam.

Gilles Kepel nous fait particulièrement écho de cette situation dans son ouvrage, notamment suite à un entretien en 1998 avec le conseiller à la Sécurité nationale de Jimmy Carter (président des États-Unis de 1977 à 1981), Zbigniew Brzezinski, premier architecte du soutien américain au jihad afghan. Ce dernier est clair sur ce sujet : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’Empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? ». Il explicite également la stratégie américaine : « Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan […], un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’Empire soviétique ».

Le ton est posé.

Depuis 1989, les États-Unis ont suivi cette même logique. Barack Obama étant parfois même complaisant, durant son mandat, avec les Frères musulmans et leur essor au Moyen-Orient.

La lutte contre le communisme avant tout !

Le capitalisme ne semble pas être gêné par le fondamentalisme islamique. Beaucoup de pays occidentaux profitaient du faible coût de l’exploitation pétrolière par l’État islamique entre 2014 et 2017. C’est seulement une fois qu’ils se sont fait attaquer sur leur propre territoire qu’une réaction très rapide a éclaté (l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015 a été un déclencheur dans la mobilisation au Moyen-Orient des puissances occidentales).

La stratégie du chaos, vieille stratégie américaine, a porté ses fruits et continue d’être appliquée pour mettre à terre les ennemis des États-Unis. Prochaine victime ? Le « socialisme » du Venezuela ? Donald Trump semble être pour cela très adepte de cette pratique.

Après la promotion du jihad contre les nationalismes arabes, puis l’URSS, les Américains utilisent une autre manœuvre diplomatique : le blocus économique contre les pays refusant de se soumettre à leur ordre. Tout en essayant de promouvoir des opposants politiques.

Un objectif : la guerre civile, puis la nécessaire intervention onusienne au nom du respect des droits de l’Homme… Une triste réalité.

Vivement la fin de tout interventionnisme !

K. Gio

1Gille Kepel, Sortir du chaos – Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient, Gallimard, Paris, 2018.

2Marc de Miramon, « Parti pris, primaire démocrate. À gauche toute ! », L’Humanité le dimanche, 28 février au 6 mars 2019, pages 9-10.

En avril 2018, l’Université de Nice a bougé comme jamais !

Le jour où tout a basculé …

Alors que le mouvement étudiant contre la loi Vidal avait du mal à prendre à Nice malgré plusieurs mois de tractage, conférence, Assemblée générale, le Mercredi 28 mars après-midi s’est annoncé comme étant un tournant de la mobilisation ! De plus en plus conscients de la gravité de cette réforme, et notamment des masters payants, des membres du Bureau Des Étudiants et de la FACE 06 (principale organisation étudiante de l’université) avaient décidé en ce jours de rencontrer le mouvement en lutte, pour discuter de cette loi et des actions éventuelles à mener. À ce moment-là, des espoirs pouvaient émerger : la FACE affirmant pour la première fois qu’elle était contre les masters payants ! Même si l’inquiétude était forte auprès de leurs membres : quelques phrases telles que « comment nous allons faire pour nos subventions ? »,… étaient échangés à leurs oreilles durant cette réunion.

Afin de décider des moyens d’action à mettre en œuvre, nous avons tout de même décidé de consulter deux jours plus tard une Assemblée Générale où tous les étudiants étaient invités à venir. La question du jour était notamment celle d’un éventuel blocage de la fac de sciences le Mardi 3 avril, date d’entrée en grève des cheminots. FACE 06 et UNI avaient alors fait part de leur souhait d’y participer. Enfin un moment de pur dialogue était possible.

Ce Vendredi, à 12h, sur la pelouse de Valrose, avait enfin lieu cette AG tant attendue. Suite à plusieurs riches interventions, le vote du blocage a alors sonné : plus de 100 pour, 6 contre (exclusivement des membres de l’UNI, association dite de droite). Mais où était donc la FACE 06 ? Cette organisation « très majoritaire », opposée à cette action et ayant fait part de leur intention de venir à l’Assemblée Générale. Pourquoi n’est-elle pas venue ? Dans son communiqué, elle véhicule notamment son intérêt à « encourager l’échange et le dialogue ». Pourquoi n’a-t-elle pas fait part de son opposition au blocage en public ? Pourquoi organiser une AG non diffusée auprès des étudiants quelques heures après ? Où est passée la démocratie dans cette organisation, qui est pourtant soi-disant une valeur qui lui est chère ?

La réalité est telle : la première association étudiante de l’université de Nice a fait le choix de ses subventions au lieu de défendre la cause des étudiants ! Une association qui se dite « apartisane », mais dont les décisions dépendent de ressources financières venues de membres soutenant le gouvernement actuel… Une association qui considère que la défense de nos droits se fait dans les conseils universitaires, alors que ceux-ci sont bloqués et dépendent des décisions ministérielles. Une association qui privilégie des soirées à des masters payants à plus de 4000€… Une association ayant définitivement dévoilé sa face !

Les 3 et 4 Avril : le réveil de la jeunesse niçoise !

Du jamais vu à Nice ! Alors que l’idée du blocage de Valrose était inédite pour cette nouvelle génération de militants, l’incertitude de la réussite ou non d’une telle action était fortement présente dans les têtes de tout le monde la veille au soir. À 22h, la bonne nouvelle était là : plus de 50 jeunes tournaient autour du campus pour ramener palettes, poubelles,… à proximité des différentes portes de la fac de Sciences ! L’engouement était intense.

Le 3 avril, à 5h30 du matin, près d’une cinquantaine de jeunes étaient déjà aux abords de cette université. Quelques minutes après, celle-ci était totalement barricadée. Une bonne journée pouvait alors s’annoncer ! Progressivement, des dizaines et des dizaines de jeunes se sont ramenés à nos côtés pour tenir ce blocage : rapidement, nous étions plus d’une centaine à tenir le front face à des ennemis – la FACE et l’UNI – enragés de perdre définitivement pied et ne plus rien contrôler. À 10h, une Assemblée générale décidait de revoter en masse le blocage pour le lendemain.

En ce deuxième jour de blocage, malgré la grande réussite de la veille, la fatigue se faisait de plus en plus ressentir parmi un grand nombre de nouveaux militants ! Les insultes et menaces des opposants en démoralisées certains. Toutefois, nous étions encore près d’une quarantaine, tôt le matin, à tenir de nouveau les barricades devant toutes les portes de la fac de Sciences !

À 10h, nouvelle Assemblée générale pour décider de la suite ou non du blocage pour le lendemain. Les militants mobilisés prenaient alors l’option de ne pas reconduire cette action, épuisés et voulant un peu souffler.

Blocage Valrose

Les 10 et 12 Avril, deux Assemblées générales pour relancer la dynamique !

Face à un léger enlisement du mouvement, suite aux deux épuisantes journées de blocage de Valrose, la semaine suivante s’est caractérisée par deux grandes Assemblées générales, une à la fac de Sciences le Mardi 10 avril et une autre à la fac de Lettres (Carlone) le Jeudi 12 avril. Signe encourageant, toutes les deux ont fait le plein : plus de 200 personnes présentes à chaque fois.

Blocage Valrose (2)

Le débat entre bloqueurs et anti-bloqueurs (FACE et UNI) a été féroce, dans des amphis acquis à la cause des premiers et sifflant fortement les interventions des disciples du gouvernement. Alors que la première AG n’a pas véritablement pris de décision, celle de Carlone a donné le ton : blocage de tous les campus de l’université de Nice si celle-ci refusait la banalisation de la fac pour la journée de mobilisation nationale du 19 avril. Large consensus sur cette question, l’administration et les associations d’opposition étaient de nouveau dépassées par le mouvement étudiant montant ! La semaine d’après s’annonçait déjà comme brûlante, dans un contexte national explosif traumatisant médias et gouvernement.

Le 19 Avril : tant qu’à bloquer, tout bloquer !

L’administration de l’université refusant la banalisation des cours pour la journée du 19 avril, la solution était claire : bloquer tous les campus ! Et de ce fait les deux plus grands et mobilisés : Valrose et Carlone. Dès le matin à l’aube, ce sont à chaque endroit plus d’une vingtaine d’étudiants qui ont monté les barricades pour faire comprendre à l’administration à qui était la fac : elle est à NOUS ! Pendant plus de deux heures, le blocage a été tenu avec courage par toute cette jeunesse niçoise indignée, malgré toute la tension qu’il pouvait y avoir dans le contexte de la tenue des examens. À 10h, la priorité a été donnée à la grande manifestation de la journée, au départ de la gare. Les sièges ont été abandonnés pour fêter ces beaux efforts auprès de tous les camarades révoltés.

Blocage Valrose (3)

Cette matinée a été aussi marquée par un autre blocage très important : celui du lycée Apollinaire, qui a mobilisé plus d’une cinquantaine de lycéens, venant ensuite massivement à la manifestation pour marquer symboliquement leur entrée dans la lutte ! Rejoins également par de nombreux lycéens d’Estienne d’Orves et de Calmette, permettant ainsi de renforcer avec de toutes nouvelles têtes le cortège jeune.

Blocage Apollinaire

Journée inédite et très encourageante !

A quand le prochain grand mouvement social à l’Université de Nice ?

K. Gio