Coronavirus – scandale d’Etat. La faute à qui ?

Soir du lundi 6 avril – fin de trois semaines de confinement total en France, suite à cette mesure sanitaire radicale prise par le président de la République. Le pic de l’épidémie du coronavirus aurait dû être atteint. Pourtant, il n’en est rien…

Le ministre de la Santé Olivier Véran affirme dès le lendemain sur BFM TV : « Nous sommes encore en phase d’aggravation […]. La situation reste grave ». En effet, la journée du 6 avril a été la pire pour l’hexagone depuis le début de l’épidémie : plus de 800 morts en 24 heures, et près de 4000 nouveaux cas détectés.

Comment cela se fait-il ? Le confinement serait-il un échec ? Le gouvernement porte la responsabilité sur le peuple français, qui se serait « relâché ». Relâché, et donc coupable de l’aggravation de la situation. Coupable de mettre en péril l’hôpital public et son personnel, les médecins et les infirmières. Le préfet de Paris, Didier Lallement, ne s’en cache pas lors d’une interview télévisée du vendredi 3 avril : les patients en réanimation sont ceux qui n’ont « pas respecté » le confinement.

Tout le week-end, les grands médias montrent les Parisiens dans les rues, profitant du soleil. Pourtant, sur les images, les distances de sécurité sont pour l’essentiel respectées.

Porter la responsabilité sur les méchants Français, qui ne prennent pas en considération les mesures sanitaires, est un bon moyen de ne pas parler du vrai responsable de la situation : l’Etat et le gouvernement !

Qui est le vrai responsable de la diffusion de cette épidémie ? Qui est le vrai responsable de ces milliers de morts ? Quelques Français qui n’ont pas respecté les règles de sécurité ou un Etat qui a failli à ses devoirs : la protection de sa population. Depuis des années, l’hôpital public demande des moyens. Manifestations, grèves… Les infirmières sont gazées par les forces de l’ordre. Refus total d’écouter leur détresse. Depuis des années, les politiques de désindustrialisation, de délocalisation… sont dénoncées. Aujourd’hui, la France n’est plus souveraine dans la production de masques – obligée de quémander en Chine pour en avoir quelques-uns. Incapable de dépister les patients, incapable de fournir correctement la population en gel hydroalcoolique, l’Etat français subit la situation. Et pour cacher ses erreurs et ses politiques mortelles, le gouvernement ment. Il a menti en refusant de voir que ce virus allait toucher notre pays. Il a menti sur la question des masques : « ça ne sert à rien ! » il y a encore quelques jours. Désormais, on sait que le port du masque va devenir obligatoire. Il a menti sur le nombre de morts : pendant un temps, les décès dans les EHPAD étaient omis.

Erreurs médicales ? Les grands médias se défendent de la sorte. Leurs « experts » s’étaient trompés.

Mensonges ? Ces mêmes grands médias abordent de plus en plus la question du « scandale d’Etat ». Personne ne peut le nier : le gouvernement a failli. Il est l’unique responsable de la situation. Il n’a pas protégé sa population.

Aujourd’hui, comme un Etat digne du Tiers-monde, le gouvernement et les médias disent aux Français de fabriquer leurs propres masques… Des masques en sopalin, en papier, en tissu. Un moyen de protéger nos concitoyens ?

Pendant ce temps, le gouvernement français laisse certaines entreprises reprendre leurs activités : des activités non essentielles, comme dans le bâtiment. La priorité est donnée à l’économie du pays. Les Français peuvent crever. De toute façon, ils sont coupables de la situation !

Antonio. G

Enquête exclusive – les collégiens et lycéens des Alpes-Maritimes face aux cours à distance !

Depuis le lundi 16 mars, les enfants de France ne vont plus à l’école. Le ministère de l’Education nationale a décidé, le jeudi 12 mars, de fermer tous les établissements scolaires suite à l’épidémie de Coronavirus touchant notre pays. Inédit.

Toutefois, la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités ne signifient pas vacances. Depuis deux semaines, les enfants de notre pays travaillent en ligne via différentes plateformes numériques : Pronote, site du CNED, Google Drive… C’est ce que Jean-Michel Blanquer a appelé « la continuité pédagogique ». Les enseignants doivent correspondre à distance avec leurs élèves.

Alors que de nombreuses études et enquêtes sortent progressivement sur le ressenti des enseignants face à cette situation, le journal L’Indignation a décidé de donner la parole aux collégiens et lycéens des Alpes-Maritimes.

Nous avons lancé une enquête réalisée pour l’instant par 130 collégiens et lycéens de notre département. En voici quelques résultats.

Un temps de travail inégal selon les élèves !

Enquête statistique cours en ligne (confinement)

Cette différence assez importante de la charge de travail quotidienne par élève met en lumière que ce ne sont pas forcément les élèves les plus sérieux, « les meilleurs » comme on a tendance à dire, qui passent beaucoup de temps à travailler à la maison. Au contraire. De nombreux élèves ayant des difficultés ont affirmé travailler plus de 4h par jour depuis le début du confinement.

Une charge de travail trop importante, incontestablement…

Ressenti des collégiens lycéens sur la charge de travail

L’essentiel des collégiens et des lycéens des Alpes-Maritimes interrogés ont affirmé que la charge de travail est trop importante, qu’ils éprouvent de nombreuses difficultés face à cette situation.

Comment l’expliquer ?

Les élèves azuréens dénoncent premièrement le grand nombre de plateformes numériques utilisées. Ils manipulent tous au moins 3 plateformes différentes : très souvent l’ENT de l’établissement (Pronote), Google Drive, le site du CNED avec la « classe virtuelle ». Et parfois Discord, Whatsapp, Padlet…

Pourcentage des plateformes numériques utilisées

Les cours au collège/lycée ou les cours à distance ?

Indéniablement, une grande majorité des élèves questionnés préfèrent les cours au collège ou au lycée. Ils se sentent seuls à la maison. Ils ne peuvent pas voir leurs amis. Ils comprennent moins bien la leçon puisque personne n’est là pour leur expliquer. Cours au collège - cours à distance

Et surtout, les collégiens et les lycéens sont à la recherche de leurs enseignants. Beaucoup expriment une volonté de retourner au collège ou au lycée pour revoir leurs professeurs.

Soutien et accompagnement des enseignants malgré le confinement ?

Accompagnement des professeurs

Heureusement pour nos enfants, les enseignants font le travail. Les collégiens et les lycéens des Alpes-Maritimes se sentent bien voire même très bien soutenus et accompagnés par leurs professeurs (77%). Seulement 23% des élèves ont l’impression d’être moyennement soutenus par un membre de leur équipe éducative.

C’est la preuve que la nation peut faire confiance à son corps enseignant. Même si une meilleure préparation face à cette situation aurait été nécessaire pour éviter une surcharge de travail visible et dénoncée par les élèves interrogés. La multiplication des plateformes numériques a été la source de nombreux décrochages scolaires… Des élèves ne trouvant pas le travail à faire, passant énormément de temps à apprendre et comprendre les tutos des différentes plateformes. Sans parler des parents d’élèves qui ont été rapidement débordés et qui n’ont pas été en mesure de gérer cette situation : trop de travail demandé par les enseignants. Avec pour certaines familles des moyens très limités : peu de connaissances intellectuelles, pas d’ordinateur pour un ou plusieurs enfants, mauvaise connexion internet…

Les inégalités se sont accrues depuis ces deux semaines de confinement. Qu’en sera-t-il si l’école de la République ne devait plus ouvrir les portes d’ici la fin de l’année scolaire ?

Joseph. P

« Nous sommes en guerre » contre la mondialisation et le libéralisme !

20h – lundi 16 mars : Emmanuel Macron répétait six fois « nous sommes en guerre » dans son allocution télévisée, regardée par des millions de Français.

En guerre contre qui ? Contre personne. Contre quoi ? Contre le coronavirus. « Une guerre sanitaire » selon les termes du président de la République.

Sauf que la question qui doit être posée : qui sont les responsables de cette guerre sanitaire ? Pourquoi des milliers de contaminés ? Des centaines de morts en France ? Des milliers en Europe ? Des dizaines de milliers dans le monde ? Et un bilan qui va forcément s’aggraver dans les jours à venir.

Deux responsables sont clairement identifiés :

  • le premier : la mondialisation économique. Avec des milliards de marchandises venues du monde entier chaque année. Une dépendance totale de notre population pour des produits de première nécessité, et même des produits nécessaires à notre santé (masques de protection…).

  • le second : le libéralisme et la destruction progressive de nos services publics. À commencer par les hôpitaux, qui n’arrivent pas à faire face aux centaines et centaines de contaminés qui viennent tous les jours se faire soigner. En Italie, ils doivent sélectionner les patients. Faute de lits et de moyens. En France, une telle situation peut être très rapidement vécue si le bilan sanitaire s’aggrave. La faute à qui ? À une politique menée depuis des années par les derniers gouvernements français. Les conséquences ? La vie de plusieurs millions de nos concitoyens.

Le 29 février, alors que le fameux coronavirus commençait à se répandre en Italie et arrivait en France, le gouvernement décidait de cibler ses préoccupations : faire passer en force la réforme des retraites avec l’article 49-3 de la Constitution. Alors que le conseil des ministres de ce jour devait discuter des mesures à prendre face à l’épidémie. À ce moment-là, la réponse était rapide : lavez-vous les mains ! Quelques jours après, le gouvernement et les médias français se moquaient des décisions prises en Italie : « le confinement, c’est n’importe quoi », « c’est inefficace ». Devant les centaines de morts en Italie, une idée était véhiculée : « ne vous en faites pas, l’Italie c’est le tiers monde. Nous avons de meilleurs médecins qu’eux. De meilleurs hôpitaux ».

15 jours après, la France prend les mêmes mesures. Peut-être trop tard ? Le virus est déjà bien présent dans tout le pays. Les contaminés se multiplient, les morts aussi. La preuve que nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Et que notre obsession de protéger l’économie française en paye aujourd’hui les conséquences : des centaines de victimes. D’ailleurs, l’ex ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’a avoué : nous avons pris des mesures trop tardives. Un médecin affirmait à la télé : « nous avons 15 jours de retard ».

Dans la soirée du 15 mars, alors que le premier tour des élections municipales avait eu lieu dans la journée, les médias français refusaient de trop en parler. Étrange. Priorité au coronavirus. Un bon moyen de ne pas traiter de la débâcle du gouvernement et de LREM lors de ces élections. Pourtant, elle était bien là. Aucune grande ville n’allait tomber dans les mains d’un disciple d’Emmanuel Macron.

Le lendemain, le président décidait de suspendre les réformes en cours à cause du coronavirus. Notamment la réforme des retraites. Alors que les gilets jaunes, les manifestations intersyndicales, les suicides à l’hôpital… ne lui avaient rien fait. Peut-être parce que, avec ce virus, lui, sa femme et sa caste peuvent aussi en être les victimes !

Joseph. P

Lettre à Emmanuel Macron : vous êtes le responsable de la victoire du Rassemblement national en 2022!

Un an de mouvement des gilets jaunes. Plus d’un mois de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites. Une seule réponse d’Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français le 31 décembre 2019: j’irai jusqu’au bout.

Un président qui n’écoute pas la population. Un drame pour notre République. Rappelons que Macron a été élu en 2017, non pas avec une majorité écrasante au premier tour, mais avec un très faible écart entre lui, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Il est arrivé au second tour très difficilement. Et au second tour, il a été élu grâce à ce qu’il a appelé le « pacte républicain », le barrage républicain face au Rassemblement national (qui était considéré jusque-là comme le mal absolu, le parti anti-républicain par excellence).

La seule posture qu’il aurait du avoir, c’est de prendre en considération ce pacte républicain. Il avait fait entendre lors de sa victoire en 2017 qu’il avait pris en compte la colère nationale, avec un ton assez grave et non euphorique comme certains présidents de la République ont pu l’avoir par le passé. Et pourtant, très rapidement, il a mis en place une politique pour détruire ce pacte républicain. En considérant que les élections législatives avaient conforté ses positions. Or, pas du tout. Ce barrage républicain s’était aussi manifesté lors des législatives, certes à moindre degré. Mais tout de même. On sait très bien que les législatives sont là pour conforter la position du président de la République récemment élu, et non donner un poids plus légitime à celui-ci.

Toutefois, très rapidement, Emmanuel Macron a donné le ton: avec la loi travail XXL – bien plus grave que celle proposée par François Hollande en 2016 -, ajouté à ce mouvement des gilets jaunes qui a montré la colère nationale très vive pendant près d’un an dans notre pays, qui a été durement réprimée par l’Etat policier mis en place par le président et son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Malgré cela, il continue, persiste et propose cette réforme des retraites totalement anti-sociale. Qui détruit notre modèle datant de 1945, qui a fait ses preuves et sa renommée internationale pour son efficacité.

Emmanuel Macron fait cette réforme qui s’inscrit dans une logique ultra-libérale, pour faire plaisir à ses amis des assurances et des banques, qui vont profiter pleinement de cette réforme (ref. Black Rock). Et une partie des Français tombe dans le piège. Même si une grande partie soutient la mobilisation contre la réforme des retraites. Ce qui montre bien qu’en 2022 Emmanuel Macron sera le seul responsable de la possible élection de Marine Le Pen.

De nombreux militants et sympathisants de la gauche républicaine, qui ont permis, pour une grande partie, à faire élire Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en 2017, se sentent trahis par cette idée de « barrage républicain ». Beaucoup d’entre eux ont déjà en tête de ne pas voter pour Emmanuel Macron si il y avait un second tour en 2022 qui devait se jouer entre lui et Marine Le Pen. Le président des ultra-riches le sait très bien. Et le fait qu’il persiste dans cette réforme, qui agite toute la gauche française, signe l’acte de mort d’un possible barrage républicain dans deux ans. Et donc laisse la voie libre à la victoire du Rassemblement national, jusque-là présenté par le gouvernement et la presse nationale comme « l’acte de mort de la République ». Emmanuel Macron en a bien conscience. Il accepte le défi et prend le risque. Il sera le seul et unique responsable de la victoire de l’extrême-droite.

Joseph Pane

Un mois de Décembre chaud bouillant: tous unis contre la réforme des retraites!

Après la journée de mobilisation contre la réforme des retraites du Mardi 24 septembre 2019, réunissant plus de 150 000 manifestants en France (2000 personnes à Nice), les syndicats avaient fait de l’information à la population leur priorité. Informer massivement sur le projet de la réforme des retraites à points pour préparer une grande date de mobilisation : le Jeudi 5 décembre! Au fur et à mesure que cette date approchait, les médias ne cessaient d’en parler, le gouvernement commençait à paniquer. Celui-ci voyait très bien que la France allait en ce jour trembler. Enfin, la convergence des luttes arrivait. Plus de manifestations dispersées. La journée du 5 décembre était un grand succès. Plus d’1,5 millions de manifestants selon la CGT. Un record depuis près de dix ans, et le mouvement social contre … la dernière réforme des retraites orchestrée sous le quinquennat Sarkozy.

Dans les Alpes-Maritimes, comme très souvent, tous les regards étaient centrés sur Nice en ce Jeudi 5 décembre. La manifestation devait partir de la place Masséna à 10h, faire le tour du jardin Albert Ier, converger sur l’avenue Jean Jaurès pour enfin se terminer à la Tête Carrée.

9h30 : la place Masséna était déjà pleine! Comme nous l’avons rarement vu depuis plusieurs années. Pour beaucoup de manifestants, voir un tel monde, c’était une bien belle première. La journée s’annonçait magnifique.

10h : la foule arrivait dans tous les sens, alors que les transports en commun étaient en grève. Aucun bus et tramway pour toute la journée. La place Masséna débordait. Il n’était plus temps d’attendre (comme à l’habitude). Il fallait commencer à marcher et à chanter contre ce projet!

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Plus de 10 000 manifestants n’attendaient qu’une chose: crier contre la réforme des retraites et pour son retrait.

Alors que la tête du cortège avait fait le tour du jardin Albert Ier, la place Masséna était toujours pleine. Près de 40 minutes entre l’avant et l’arrière du cortège!

Au final, une fois arrivée à la Tête Carrée comme annoncée, la manifestation ne pouvait pas s’y arrêter! Un retour sur la place Masséna clôtura cette splendide journée, afin de manger les merguez des cheminots de la CGT et se concerter en AGs.

Face au succès de cette première grande journée de mobilisation du mois de décembre contre la réforme des retraites, une seule interrogation se posait dans tous les cortèges à la fin de la manifestation. Commençons-nous la grève reconductible? C’est le choix qui était fait en début de soirée! Les cheminots commençaient une grève illimitée. Une nouvelle journée était annoncée 5 jours après : le Mardi 10 décembre! Avec un parcours assez traditionnel : un départ de la Gare de Nice-Ville pour rejoindre la place Garibaldi, en passant par la place Masséna. L’objectif: maintenir la pression sur le gouvernement à quelques heures de l’annonce de la réforme des retraites (Mercredi 11 décembre à 12h) par le Premier ministre, Édouard Philippe. La mobilisation était de nouveau de taille : 10 000 manifestants à Nice selon la CGT (2500 selon la police), 885 000 dans toute la France d’après les syndicats. Avec une particularité : une mobilisation massive des internes et externes du CHU de Nice (300 manifestants). De quoi montrer à l’Élysée que TOUS les Français étaient énervés et n’étaient pas prêts à lâcher!

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Malgré une mobilisation historique, le gouvernement décidait d’entrer en confrontation avec les syndicats et le peuple en colère. Le Premier ministre maintenait le cap le lendemain: retraite à points. Pire! Établissait un âge d’équilibre de départ à la retraite à 64 ans, se mettant instantanément à dos son syndicat préféré, la CFDT. Qui décidait dans la soirée de rejoindre le mouvement social dès la prochaine grande journée de mobilisation annoncée, le 17 décembre.

Mardi 17 décembre! En route vers le succès? A Nice, le parcours acté en cette journée était similaire à celui de la semaine passée: départ à 10h de la Gare de Nice-Ville pour rejoindre la place Garibaldi, en passant par la place Masséna.

Dès 10h, le parvis de la gare était noir de monde! Autant de monde que le 5 décembre. On ne pouvait plus bouger. Il fallait avancer. Très rapidement, l’avenue Jean Médecin était prise d’assaut. En tout, près de 12 000 Azuréens battaient le pavé à Nice en cette journée (4200 selon la police). A l’échelle nationale, la barre des 1,5 millions de manifestants du 5 décembre avait été largement atteinte avec plus de 1,8 millions de personnes dans les rues de France en ce 17 décembre (un record depuis le 28 octobre 2010, soit presque 10 ans!).

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L’occasion était trop belle pour se restreindre à une simple petite marche habituelle entre deux grands lieux du militantisme niçois. Les cheminots de la CGT appelaient leurs camarades à converger vers… la voie rapide! Le cortège avançait, jusqu’au moment où les cheminots de la CGT – arrivés à intersection entre la Tête Carrée et l’avenue Gallieni aux alentours de 13h – se mettaient en rangs serrés pour foncer sur le barrage de policiers!

Tous habillés en noir, bras dans les bras, une cinquantaine de militants arrivaient à passer. Les autres étaient gazés, matraqués et repoussés. Comme rarement à Nice, ville où les manifestations se déroulent généralement dans un calme absolu. Face à cette impasse, une deuxième charge était lancée quelques minutes après par des militants de l’Energie et des traminots. En vain. Il fallait abandonner. Les militants cégétistes ayant franchi le barrage décidaient de faire demi-tour et retrouver leurs camarades.

Tout le cortège de la CGT rejoignait dès lors calmement la FSU vers la place Masséna. Mais la colère ne retombait pas. Cet usage de la force de la part des CRS contre des militants pacifistes était inacceptable. Des excuses du Préfet étaient demandées. En représailles, la CGT énergie décidait de couper l’électricité de la Gare de Nice-ville, du fameux centre commercial Nice-Etoile, et du Vieux-Nice où se trouve la mairie tenue par un soutien de la réforme des retraites – Christian Estrosi.

Joseph. P

J’aurais aimé vous souhaiter une bonne année, une bonne santé, de la réussite et beaucoup de bonheur.

Hier soir, il y avait encore un tout petit peu d’espoir. L’espoir que le président de la République renonce à sa réforme des retraites et propose un autre projet de société.
La soirée s’en est vue très rapidement gâchée…
J’aurais aimé vous souhaiter une bonne année, une bonne santé, de la réussite et beaucoup de bonheur.
Une bonne année ? Dans une société divisée, fracturée, haineuse, bouffée par l’individualisme, le consumérisme et le capitalisme. Dans une société où la recherche du profit personnel nous fait oublier que la misère est extrême dans notre pays (612 SDF morts en 2018, environ 500 Français morts chaque année au travail, 7 millions de personnes en situation de précarité énergétique…).
Une bonne santé ? Avec un hôpital public en train de mourir. Des médecins et infirmières au bord du burn out. Des millions de nos concitoyens incapables de se payer une bonne mutuelle pour se soigner correctement.
De la réussite ? Qui profite, dans notre société, seulement aux plus forts au détriment des autres. Qui existe seulement parce que les autres échouent. Et qui est considérée par nous tous comme un moyen d’accéder au bonheur.
Beaucoup de bonheur ? Le bonheur de vivre dans cette société ? Détestable sur tous les points. Avec un président de la République qui est fier de détruire toutes nos protections sociales, toutes les avancées qui nous permettaient de connaître, un moment dans une année et dans une vie, le bonheur.
Je pense en cette journée à tous les salariés – cheminots, infirmières, enseignants, électriciens, pompiers… – en grève durant le mois de décembre pour défendre notre modèle social. Un modèle social qui a fait ses preuves. Reconnu internationalement.
N’acceptons pas cette société. Indignez-vous. Indignons-nous camarades !
Joseph. P

Non à l’extension de l’aéroport de Nice!

Ce n’est un secret pour personne, la Côte d’Azur est la deuxième région la plus touristique de France, derrière la région parisienne, avec plusieurs centaines de milliers
de touristes chaque année, que ce soit pour ses stations balnéaires l’été, ou pour son climat tempéré l’hiver.

Cet attrait touristique représente l’un des principaux business de la région (voire le principal). Le festival de Cannes et le carnaval de Nice sont les deux exemples les plus flagrants de l’optimisation ce business touristique dans la région.

Les dirigeants de la Ville de Nice, notamment le maire Christian Estrosi, mènent une politique leur permettant d’exploiter au maximum ce filon touristique, en développant ce qu’ils appellent « la modernité et l’attractivité de la Ville de Nice ». Cela passe par d’énormes projets de « développement ». Ou plutôt de bétonnage de surfaces entières, très coûteux et totalement anti-écologiques. Et tout cela au profit des grandes entreprises. Par exemple, la construction du Stade Allianz Riviera, stade sorti de terre en 2013, de 35 000 places, au détriment du stade du Ray, populaire, chéri par tous les Niçois et âgé de 85 ans. La création du centre commercial OpenSky à Sophia-antipolis, le bétonnage de la plaine du Var pour le projet « éco-vallée », qui n’a d’écologique que le nom. Et désormais, la dernière lubie d’Estrosi entamée depuis le mois de juin : le projet d’extension de l’aéroport de Nice.

C’est de cette dernière folie destructrice dont nous allons parler dans cet article. Cette extension de l’aéroport de Nice répond, selon la direction de l’aéroport, au besoin d’accueillir encore plus de passagers. Alors que l’année 2018 a enregistré plus de 14 millions de passagers, la direction de l’aéroport voit plus grand, et souhaite d’ici 2023 dépasser les 18 millions de passagers par an, pour arriver en 2030 au double du nombre de passagers actuels. Ce qui porterait leur nombre à presque 30 millions par an!

Cette extension de l’aéroport est prévue principalement pour les touristes et hommes d’affaires – principalement asiatiques, et surtout chinois, la Chine représentant un marché lucratif que Christian Estrosi ne cache pas vouloir conquérir. L’ouverture d’un ligne Nice-Pékin en août 2019 représente le premier pas vers la conquête de ce marché lucratif. De plus, il est important de rappeler que depuis 2016, la société qui gère l’aéroport « Aéroport de la Côte d’Azur » (ACA) est désormais détenue à 64% par le groupe privé franco-italien Azzura. L’aéroport n’est donc plus un service de l’Etat mais d’une entreprise capitaliste. Et est donc gérée comme telle, pour générer des profits.

Concrètement, il est prévu pour 2021 la mise en place d’une nouvelle jetée qui permettrait d’augmenter le nombre de portes d’embarquement, pour des embarquements et débarquements beaucoup plus rapides, ce qui permettrait de faire décoller et atterrir beaucoup plus d’avions chaque jour.

Pour 2022 ou 2023, c’est un nouveau terminal qui est prévu, avec 35 nouveaux comptoirs d’enregistrement, une grand zone commerciale supplémentaire et six salles de pré-embarquement.

Bien évidement, le but est d’augmenter le nombre de passagers aériens, le nombre de vols, pour faire de Nice une plaque tournante en Europe et en Méditerranée. On est totalement dans une démarche de « rayonnement à l’international », pour attirer encore plus les clients fortunés venus du monde entier, et les grandes firmes capitalistes internationales. C’est encore une lubie bling-bling, égocentrique, et de surcroît totalement inutile de la part des dirigeants de notre ville, alors même que l’aéroport de Nice est le plus fréquenté de France, si l’on excepte ceux de la région parisienne. Et surtout, c’est un projet totalement anti-écologique.

L’aéroport de Nice utilise chaque année 15% de l’eau potable de la ville – ce qui est énorme -, et produit plus de 3 000 tonnes de déchets, dont la moitié sont non recyclables. De plus, l’extension de cet aéroport s’inscrit dans la logique de bétonisation de l’espace voulu par Christian Estrosi, afin de « moderniser » la ville de Nice. Pour les trajets en eux-mêmes, le coût écologique d’un voyage en avion est, pour une même distance, 1 500 fois supérieur à celui d’un TGV. Les voyages en avion sont responsables à eux seuls de 2% des émissions de gaz à effet de serre. Tout cela dans la métropole la plus polluée de France : Nice est classée 99ème sur 100 en terme de pollution des agglomérations de plus de 50 000 habitants. Dans la capitale azuréenne, 500 personnes meurent prématurément chaque année des conséquences de la pollution.

Quel que soit l’angle à partir duquel on prend cette extension, on constate que ce projet cherche à favoriser une croissance économique toujours plus importante, apportée par la bourgeoisie et petite-bourgeoisie, au mépris de l’environnement de la région et des besoins réels des Niçois. Les Niçois des quartiers de l’ouest, eux, ne partent pas en voyages d’affaires plusieurs fois par an, ne profiteront pas d’une potentielle « hausse de la croissance ». Pourtant, ils subissent les nuisances sonores et la pollution de l’air engendrées par l’aéroport.

D’ailleurs, les Niçois sont bien conscients de ces problématiques, puisque selon un sondage, ils sont 70% à s’opposer à cette extension. Ce qui n’a pourtant pas empêché la direction de l’aéroport à commencer les travaux d’extension au mépris de l’avis de la population niçoise. Tout ceci montre une fois de plus que les intérêts des capitalistes sont totalement incompatibles avec la préservation de l’environnement. Il n’y a pas de « capitalisme vert » possible. Ce ne sont pas le Green-Washing et les start-up qui empêcheront la catastrophe écologique, mais seulement la fin du capitalisme et la mise en place d’une véritable société communiste.

Puisque les actionnaires et oligarques niçois ne comprennent que le rapport de force, mettons-nous en lutte pour arracher l’annulation de l’extension de l’aéroport, ainsi qu’une politique réellement écologique et sociale.

Face à Christian Estrosi, et au capitaliste écocidaire, organisions la riposte communiste!

 

Lucas. S

Elections étudiantes à Nice – la profession de foi du Front populaire étudiant

Une seule liste de gauche sera proposée lors de ces élections étudiantes 2019 à l’Université Côte d’Azur. Une seule liste pour faire face aux libéraux de la FACE 06 et à la droite réactionnaire de l’UNI.  Une seule liste pour proposer une alternative à la désastreuse situation de l’Université. Cette liste porte le nom de « Front populaire étudiant » ! Nom inspiré de la gauche française des années 1930, qui a été propice à de nombreuses avancées sociales et notamment l’apparition des congés payés pour tous les travailleurs français.

L’enjeu est de taille : marginalisées depuis des années, les organisations étudiantes de gauche de l’Université de Nice se doivent de reprendre le dessus. D’où la volonté des Jeunes communistes des Alpes-Maritimes, du Collectif Mangoustes des Tropiques, de l’Union de la Jeunesse communiste et de SE, de trouver une solution pour présenter une seule liste de gauche. Une liste offensive qui a pour seule ambition : défendre les intérêts des étudiants !

D’où une première revendication portant sur « la fin de la privatisation » de l’Université et la « gratuité totale de l’enseignement supérieur ». Un enseignement supérieur qui voit des frais d’inscription sans cesse en augmentation. Avec désormais des licences et des masters payants, à plusieurs milliers d’euros l’année.

Face à la précarité, le Front populaire étudiant s’affirme également contre la baisse des APL de 5€, décidée par le gouvernement actuel. Et pour la « réquisition des logements vides », afin de lutter contre la spéculation financière et le manque de places attribuées aux étudiants.

Autre grande proposition de cette liste : un vaste investissement de l’Etat et de l’Université pour lutter contre la vétusté des locaux. Il est inadmissible de voir des campus comme ceux de Carlone ou de Valrose tomber en ruine. Il est inadmissible de voir certaines bibliothèques universitaires sous l’eau, ou avec des toilettes inaccessibles. Tandis que d’autres listes se concentrent exclusivement sur un allongement des heures d’ouverture des BU, les étudiants demandent une seule chose : une amélioration de l’état des locaux. Des BU qui font fuir les étudiants ne pouvant pas aller aux toilettes. C’est notamment le cas dans la très récente bibliothèque universitaire de Saint-Jean d’Angély.

Pour une amélioration de vos conditions de vie et d’études, votez Front populaire étudiant !

 

Joseph. P

 

Elections étudiantes à Nice – la profession de foi de la FACE 06

Première organisation étudiante de l’Université de Nice depuis des années, notre deuxième analyse sur les futures élections étudiantes du Mardi 3 Décembre porte sur la FACE 06 et sa liste : « Bouge ton campus ». Un campus pourtant bien mort depuis qu’ils dominent l’université, malgré des dépenses folles pour des projets délirants : application mobile qui n’a jamais vraiment vu le jour, journée d’accueil à plusieurs milliers d’euros… Qui financent ? En grande partie l’université, donc les étudiants. Et la mairie de Nice, donc les Niçois. Il faut savoir : vous payez à chaque fois que sort un projet. Le dernier annoncé : un Carnaval étudiant ! Pour bien faire oublier qu’il y a déjà un carnaval, mais que celui-ci est trop cher pour les étudiants.

En lisant la profession de foi de cette association, la contradiction entre la parole et la réalité est manifeste dès le début. La FACE 06 propose d’ « augmenter les capacités d’accueil licence et master ». Ah bon ? Il y a deux ans, leur discours était du côté de la défense des masters payants et de la sélection à l’entrée à l’université. Comment peut-on proposer à la fois une augmentation des capacités d’accueil et une sélection intellectuelle, sociale et financière des étudiants ? Les militants de la FACE 06 n’avaient pas peur d’affirmer que « tout le monde ne pouvait pas avoir accès à l’université ».

Autre point concernant la « formation/enseignement supérieur », la FACE 06 veut « faire un bilan des modules d’accompagnement pour les étudiants en OUI SI et les améliorer ». Un bilan de Parcoursup pour faire plus simple. Deux ans après la mise en place de cette nouvelle plateforme, défendue bec et ongles par la FACE 06 proche à l’époque de Frédérique Vidal (ministre de l’enseignement supérieur), leur proposition se restreint à en faire un bilan pour l’améliorer. Une preuve à demi mot de leur échec et leur incompétence. Une preuve que Parcoursup était une mauvaise idée. Et que cette idée a été défendue par la FACE 06 pour satisfaire ceux qui les soutiennent et les subventionnent : les libéraux macronistes et la sphère estrosiste.

Sur le sujet des « étudiants extra-communautaires », la FACE 06 affirme qu’elle a l’intention de « continuer à s’opposer à toute forme de hausse des frais d’inscriptions pour les étudiants extra-communautaires ». Ils veulent bien s’opposer à LA hausse des frais d’inscription, mais pas aux frais d’inscription actuels déjà trop importants. Normal ! Une partie des frais d’inscription des étudiants permettent de financer les projets de la FACE 06…

Pour la « vie universitaire », la FACE 06 nous refait le coût de la « création d’une application dédiée à la vie universitaire ». Une application déjà payée par l’université et les étudiants, et qui n’a jamais vu le jour. A quand vont-ils arrêter de nous détourner de l’argent ?

Le dernier point de leur profession de foi porte sur « l’innovation sociale ». Comme l’UNI, l’aspect écologique est mis en avant. Il faut bien évidemment profiter du contexte national et international pro-environnement. Alors qu’ils ont toujours défendu des pratiques de pollution à outrance. Là encore, les propositions sont floues : « renforcement de la politique de Développement Durable de l’Université et développer des espaces verts sur les campus ». Très bien, mais avec quels moyens ? Où ça ? Comment ? Quand on voit l’état du seul véritable espace vert de l’Université, à Valrose, on se pose des questions…

Au final, une profession de foi très vague et contradictoire. Qui ne pose pas le bilan catastrophique de la FACE 06 à la tête de l’Université. En espérant que les étudiants en prennent conscience et ne se fassent pas amadouer par concerts et soirées. Stop aux projets subventionnés par la mairie pour s’acheter une clientèle électorale. Stop aux milliers d’euros dépensés par l’Université, avec nos frais d’inscription, pour satisfaire une association d’étudiants et ses projets délirants.

 

Fausto. C

 

Elections étudiantes à Nice – la profession de foi de l’UNI

Mardi 3 Décembre 2019, dans quelques jours, ce sont les élections étudiantes à l’Université Nice Côte d’Azur. L’enjeu est de taille :  3 listes se jouent l’hégémonie de la fac ! Le Front populaire étudiant (une alliance des forces étudiantes de gauche), la FACE 06 (amie de Christian Estrosi) et l’UNI (association de droite).

Afin de vous aidez à choisir votre liste pour ces élections étudiantes, nous avons analysé les différentes professions de foi. Et nous avons décidé de commencer aujourd’hui par l’UNI, l’association qui monte depuis quelques années à l’Université de Nice, au détriment notamment de la FACE 06.

1er point de la profession de foi de l’UNI : « lutter contre les blocages », une expression répétée trois fois en seulement deux pages. Soit l’expression la plus citée. Le ton est donné : l’UNI veut s’affirmer comme la force d’opposition à la contestation ! La force d’opposition aux revendications et aux actions des militants de gauche de l’université.  Triste pour elle : l’université est si peu bloquée depuis des années. Et pour le peu qu’elle a été, l’UNI a été dans l’incapacité de s’y opposer. Encore une revendication en l’air pour cette association qui a fait la campagne de Fillon en 2017 !

2ème idée majeure : le mérite et l’excellence ! Dans une optique « d’égalité des chances ». Quel paradoxe. L’UNI a défendu et défend encore les licences et masters payants. Une belle égalité des chances… Où l’excellence ne peut être atteint que par l’élite des étudiants.

3ème proposition : l’amélioration des conditions d’études des étudiants. Pour cela, l’UNI propose en premier lieu … d’améliorer la sécurité des campus en installant des « vidéo protections ». Quelle belle priorité ! Les bâtiments tombent en ruine, et l’UNI propose de mettre des caméras pour peut-être voir l’évolution de l’état des murs. Un vaste projet pour améliorer les conditions d’études des étudiants de Nice…

4ème point : l’insertion professionnelle, avec le développement des stages, l’organisation de rencontres avec les professionnels… Une idée intéressante, à voir.

5ème idée : l’UNI se veut écologique ! Ils proposent un « Velib » au sein de l’Université. Quelle belle idée. Les étudiants de certains campus, comme celui de Carlone, pourront s’amuser avec des vélos sur le parvis. Les autres propositions sont assez vagues et peu claires : « améliorer la propreté des campus », « créer des espaces de détentes », « réduire la consommation d’énergie ».

Comment réaliser tout cela ? On ne sait pas. Une chose est sûre : toutes ces propositions nécessitent de l’argent. Et l’UNI se bat sans cesse pour une baisse des dépenses publiques, et notamment une baisse des dépenses de l’université.

C’est la preuve que toutes les propositions de l’UNI ne sont que contradictions. Et que la seule revendication à retenir est la première : la lutte contre les blocages et les « gauchistes ». Un programme à la hauteur des résultats attendus pour cette association : nul !

 

Joseph. P